Primaire: le ministère envisage d'augmenter le nombre d'élèves par classe

EDUCATION Une douzaine de pistes sont étudiées pour respecter l'objectif de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite...

C. F. avec agence

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Les principaux syndicats du primaire jugent que ces évaluations sont organisées trop tôt dans l'année et qu'elles ne donneront pas une image réelle des acquis des élèves. Au-delà, ils craignent une mise en concurrence des écoles et une utilisation des résultats pour déprécier le travail des maîtres.

Les principaux syndicats du primaire jugent que ces évaluations sont organisées trop tôt dans l'année et qu'elles ne donneront pas une image réelle des acquis des élèves. Au-delà, ils craignent une mise en concurrence des écoles et une utilisation des résultats pour déprécier le travail des maîtres. — Mychele Daniau AFP/Archives

Alors que de récents rapports font état d'une école française en mauvaise santé, la diffusion de documents du ministère de l'Education nationale ne devrait pas rassurer la communauté éducative.
 
Selon ces documents, révélés ce lundi par le site Internet Le café pédagogique et le quotidien L'Humanité, le ministère demande aux recteurs de «quantifier, à partir de leviers d'efficience identifiés, les marges de manoeuvre par académie, notamment pour 2011 et 2012». Objectif: respecter le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
 

Les Rased supprimés?

Une douzaine de leviers ont été identifiés. En primaire, il s'agirait d'augmenter les effectifs par classe, de continuer à diminuer la scolarisation des enfants âgés de deux ans en maternelle, d'augmenter le nombre de professeurs vacataires (non-titulaires) pour faire des remplacements courts ou encore de transférer la formation continue des enseignants, «principale variable d'ajustement du remplacement», en dehors du temps scolaire (mercredi après-midi et vacances).
 
A l'école élémentaire (six-onze ans), la suppression d'environ «un millier d'emplois» d'intervenants extérieurs en langue vivante et d'assistants étrangers est évoquée, ce qui «devrait être sans conséquence sur l'enseignement des langues», selon le ministère.
 
Et toujours dans le premier degré, concernant les enseignants spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire (dits «Rased»), le document évoque trois scénarios dont un de suppression totale de leurs postes, tout en notant «les difficultés rencontrées» dans la mise en oeuvre de cette politique en 2009.
 

Elaboration d'un «schéma d'emplois»

 Au collège, le ministère prône aussi d'examiner «la taille des classes», et de continuer à fermer des petits établissements; au lycée, il est proposé de «rationaliser» l'offre scolaire et la carte des formations.
 
Ce «dialogue» entamé début mai entre le ministère et les académies doit aboutir le 15 juin à élaborer le «schéma d'emplois» pour les rentrées 2011 à 2013. Environ 40.000 postes ont déjà été supprimés dans l'Education nationale entre 2008 et 2010.