Des ONG critiquent l'autorisation du Taser pour la police municipale

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Publié le 27 mai 2010.

SOCIETE - Pour la LDH, c'est «un nouvel épisode de la gesticulation gouvernementale sécuritaire»...

Amnesty International France et la Ligue des droits de l'Homme (LDH) ont critiqué jeudi de manière virulente l'autorisation par décret gouvernemental du port du pistolet à impulsions électriques (PIE) Taser par la police municipale.

Pour la LDH, qui dénonce «un nouvel épisode de la gesticulation gouvernementale sécuritaire», le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux «se moque de la sécurité des policiers et met en danger celle des citoyens».

«Si la policière (municipale Aurélie Fouquet), que des gangsters ont tuée (le 20 mai), équipée de son arme de service, avait été en outre munie d'un "Taser", cela ne lui aurait évidemment pas sauvé la vie», relève-t-elle.

«La politique de la peur»

La LDH affirme de plus que «le décret du 26 mai 2010 ne répond que très partiellement aux critiques» du Conseil d'Etat qui a annulé un précédent décret sur le même sujet le 2 septembre 2009. «En particulier, il ne réserve pas, comme c'est pourtant le cas pour la police nationale, l'usage de cette arme aux hypothèses de légitime défense, à l'encontre de personnes violentes ou dangereuses dont la neutralisation ne justifie pas le recours à une arme à feu».

«Une fois de plus la "politique de la peur" fait flèche de tout bois et met en danger la sûreté des citoyens face aux conditions d'usage d'une arme dont les dangers ne peuvent plus être sérieusement contestés», conclut la LDH.

De son côté Amnesty International France considère que «la police municipale ne devrait pas être dotée de pistolets à impulsions électriques» et «souligne à nouveau le risque de non respect des normes internationales relatives au recours à la force ainsi que de la Convention des Nations unies contre la torture».

Imprévisibilité de l’arme

Les conséquences de l’utilisation du PIE sont potentiellement d’une extrême gravité, notamment du fait de l'imprévisibilité liée à la nature même de cette arme, puisqu’elle peut provoquer des blessures allant jusqu’à la mort pour certaines personnes», poursuit-elle.

Pour AIF, «les missions d’ordre public et de maintien de l’ordre qui sont confiées à la police municipale ne peuvent justifier l’utilisation d’un tel équipement».

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