De notre correspondant à Los Angeles
Cassie Smith pèse 60 kg pour 1,72m. Des mensurations parfaites, selon l'indice IMC, mais apparemment pas pour employeur. Hooters («nichons», en argot US), c'est cette chaîne de restaurants américains plus célèbre pour ses serveuses en débardeurs et mini-shorts que pour les qualités gastronomiques de ses chicken wings.
A l'occasion de sa séance d'évaluation annuelle, Cassie Smith ne reçoit aucune critique sur ses compétences. En revanche, elle est mise à l'épreuve pour des «faiblesses» concernant son uniforme. Un ultimatum de 60 jours lui est donné: perds du poids ou perds ton job. Après une semaine de battage médiatique, elle a officiellement porté plainte pour «discrimination».
Carte de gym gratuite
Chez Hooters, on est prévenant. Son manager lui a même offert une carte pour un club de gym afin de l'aider dans sa mission. «Depuis quand suis-je trop grosse?», s'offusque Cassie Smith, qui affirme qu'elle n'a pas pris –mais au contraire perdu– des kilos entre son embauche, en 2008, et son évaluation.
Ce n'est pas la première fois qu'Hooters fait face à des poursuites pour discrimination. Jusqu'à présent, les plaintifs étaient surtout des hommes –ils ont connu des fortunes diverses dans les verdicts. La chaîne s'est toujours défendu en expliquant que son service tient plus de l'entertainment que de la gastronomie. Et qu'à ce titre, la loi américaine l'autorise donc à recruter selon des critères touchant à l'image. Manque de chance pour l'enseigne au hibou, le Michigan (où se déroule l'affaire) est le seul Etat américain qui dispose de loi contre les discriminations sur le poids.
Le plus ironique dans cette histoire? Son manager, qui voulait la mettre au régime, doit peser au moins 150 kg.