Des journées à la fois riches et allégées. Les élèves du lycée du Matin le Mirail, un établissement privé près de la Victoire, n’ont pas attendu la réforme du ministre de l’Education pour découvrir des activités extra-scolaires l’après-midi. Depuis douze ans, le lycée propose des ateliers: hip hop, stylisme, photo, fitness, rugby, kung-fu, cinéma, musculation et bientôt art du déplacement (technique des Yamakasi) sont au programme. Les lycéens peuvent également choisir de rentrer chez eux, d’aller en permanence ou de suivre des cours de soutien. «On leur conseille deux études par semaine, un atelier et un après-midi chez eux, pour le dernier jour, tout dépend de leurs capacités», indique Nathalie Dumas, coordinatrice des ateliers.
Dès 14h15, chacun vaque à ses occupations, dispersées dans le quartier. Pour Thibault, Manon, Margaux et Camille, une fois par semaine, c’est stylisme vintage. «Nous récupérons des vêtements, explique Martine Leulier, la créatrice qui les accompagne, et on voit comment on peut les réactualiser ou en créer d’autres.»
Ainsi, de vieilles chemises sont transformées en robes cloutées, des pantalons en jupes et des tenues vieillottes sont devenues tendance. Dans le bâtiment voisin, on travaille la prise de vue et le développement photo. Hugo, élève en seconde, apprécie ce fonctionnement: «J’ai des copains qui sont à Montaigne, confie-t-il, et ici, c’est beaucoup moins stressant.»
Et cela ne nuit pas à leur réussite scolaire: En 2009, le lycée du Mirail a enregistré 77% de réussite au bac, dont 90% en STI (sciences et technologies industrielles). À quelques pâtés de maison, des filles transpirent sur le spectacle de fitness pour la fête du lycée. Plus de deux heures de step, danse et body combat… «On voulait quelque chose de physique, témoignent Laurene et Sophia, après ça, on se sent plus légères, ça fait du bien après les cours.»
Si ces activités ne sont que des loisirs - elles n’apportent pas de note - les absences des élèves sont tout de même contrôlées. «Cela fait parti intégrante de leur emploi du temps, précise Nathalie Dumas, c’est comme les maths.»