En cause, l’équipement des fonctionnaires de la police municipale. «Cela fait des années et des années que l’on réclame l’armement obligatoire pour tous les policiers municipaux», s’exclame Patrick Masante, directeur de la communication du Syndicat national du policier municipal (SNPM-CFTC), contacté par 20minutes.fr. «Beaucoup n’ont rien et nous sommes confrontés de plus en plus à des voyous armés et déterminés.»
La policière décédée était armée
Pourtant, la jeune policière municipale décédée jeudi disposait d’un équipement complet avec arme et gilet par balles. Mais atteinte notamment d’une balle dans la tête, elle n’a pu riposter. Au contraire de l’un de ses collègues qui «a eu la vie sauve grâce à son arme», précise Patrick Masante.
Les policiers municipaux ne disposent pas tous d’une arme. C’est au bon vouloir des maires et, au dernier décompte de décembre 2009, sur 17.500 policiers municipaux, près de 13.000 portaient une arme. Qui peut aussi bien être un simple bâton de défense (6e catégorie) qu'un pistolet de calibre 38 (4e catégorie). Sur les 13.000 policiers armés, 6,5% disposent d'une arme de cette dernière catégorie.
C'est «une arme de défense, avec un pouvoir balistique réduit», indique Patrick Masante. Seuls les policiers nationaux et les gendarmes sont en effet autorisés à porter une arme de 1ere catégorie (armes automatiques et fusils à pompe).
«Des risques similaires»
«Tout est une affaire de budget municipal, la législation doit évoluer», déplore ainsi le syndicaliste. «Les Tasers et les flashballs ne sont que des gadgets.»
Les syndicats revendiquent ainsi des armes à feu pour tous les fonctionnaires de la police municipale, voire même de 1ere catégorie, car, selon Patrick Masante, ils sont aujourd’hui «confrontés à des risques similaires que (leurs) homologues de la police nationale et de la gendarmerie».