Pour le Parlement européen, un «steak est un steak», pas un composite

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Publié le 19 mai 2010.

SOCIETE - La viande reconstituée devra être indiquée clairement...

Le Parlement européen a refusé mercredi d'autoriser l'usage, en tant qu'additif alimentaire, d'une «colle» permettant d'agglomérer des morceaux de viande pour reconstituer des produits carnés, infligeant un camouflet à la Commission. Concrètement, cela concerne les produits de «viande reconstituée» qui sont composés de petits morceaux de viande, comme dans les nuggets par exemple.

Par 370 voix contre 262, soit une voix de plus que la majorité nécessaire, les eurodéputés réunis en session plénière à Strasbourg ont rejeté une proposition de l'exécutif européen d'autoriser la thrombine, une enzyme d'origine bovine ou porcine, dans la fabrication de produits carnés.

Juste avant le vote, le commissaire chargé de la Santé, John Dalli, avait argumenté que l'autorisation de cette «colle» ne visait qu'à «clarifier la situation»: la Commission souhaitait que la présence de l'enzyme soit obligatoirement mentionnée sur l'étiquette des produits carnés concernés.

Un «élément d’aide à la fabrication»

Elle voulait de plus harmoniser les législations nationales, la thrombine étant déjà autorisée dans certains Etats membres comme «élément d'aide à la fabrication» et non comme «additif alimentaire».

En outre, avait fait valoir John Dalli, la thrombine aurait permis de mettre sur le marché des produits carnés «moins chers», puisqu'issus de morceaux de viande bas de gamme, ce qui en définitive aurait été «à l'avantage des consommateurs les moins aisés».

«Un steak est un steak, un jambon est un jambon»

Mais les eurodéputés ne l'ont pas entendu de cette oreille. «Un steak est un steak, un jambon est un jambon», a martelé le social-démocrate allemand Jo Leinen.

Lors d'une rencontre avec la presse, l'écologiste français José Bové avait de son côté fustigé une «tromperie sur la marchandise» et une tentative d’«arnaquer le consommateur».

La résolution adoptée mercredi précise d'ailleurs que «le risque d'induire le consommateur en erreur (aurait été) évident» en cas d'autorisation de la thrombine. De plus, son innocuité pour la santé du consommateur n'a pas suffisamment été démontrée, notamment en raison du risque accru de contamination des produits par des bactéries.

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