Toulouse: Bagarres, insultes, intimidation... Le ras-le-bol des profs du lycée Gallieni

SOCIETE Gros malaise au lycée Gallieni de Toulouse où les enseignants s’inquiètent de la montée des violences et de la présence d’élèves devenus ingérables…

Helene Menal

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Devant l'entrée du lycée toulousain Gallieni.

Devant l'entrée du lycée toulousain Gallieni. — F. Scheiber / 20 Minutes

  • Quasi-lynchage ou bagarres générales, le climat de violence s’accroît au lycée Gallieni.
  • Les professeurs, en grève cette semaine, demandent des moyens humains pour gérer les élèves perturbateurs.

Un début d’incendie à la cafétéria, une « énième » bagarre générale qui éclate en plein cours, ou le quasi-lynchage d’un élève sur le parvis. C’est l’enchaînement rapproché de ces trois événements au lycée Gallieni de Toulouse juste avant les vacances de Noël qui a fait déborder le vase dans les rangs des enseignants. Ils ont exercé leur droit de retrait avant la trêve des confiseurs et en sont revenus tout aussi inquiets du climat de violence dans l’établissement.

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Mardi, ils étaient à une écrasante majorité en grève. Ce jeudi, ils cherchaient collectivement des solutions mais les cours se faisaient rares et le malaise restait palpable.

Des élèves arrivent en conseil de discipline avec leur avocat

Ce lycée professionnel et technologique, quasiment neuf puisqu’entièrement reconstruit après l’explosion d'AZF, démontre que le cadre de vie ne suffit pas. Il s’étend sur 11 hectares, c’est agréablement vaste mais sans doute trop pour les yeux de 10 surveillants dont cinq officient exclusivement la nuit à l’internat.

Sur le millier d’élèves accueillis, issus notamment du Mirail, les professeurs estiment que 200 perturbateurs, dont certains ont déjà un casier judiciaire, posent problème en tentant d’imposer leur loi. Les menaces, bagarres et intimidations sont monnaie courant. Quelques élèves, des filles surtout, ne viennent plus. « Par peur ».

Je suis là depuis sept ans et franchement je croyais que j’avais les épaules, raconte une prof de maths expérimentée et investie, mais cette année, il m’arrive de me garer sur le parking et de pleurer pour évacuer avant d’entrer en cours.

Cette enseignante s’étonne de ne jamais voir arriver les « troisième » motivés qu’elle croise lors des journées portes ouvertes. « On nous envoie trop souvent des élèves en rupture scolaire ou en orientation forcée, il faut rééquilibrer le recrutement », dit-elle.

Un autre prof ne croit plus guère aux mesures disciplinaires. « Ils viennent en conseil de discipline avec l’avocat de la famille et font appel », témoigne-t-il.

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Impuissant, humilié parfois, le corps pédagogique demande la nomination « d’adultes supplémentaires » et la création d’une classe relais pour intégrer les arrivants les plus en difficultés. Face à la situation, les services académiques annoncent l’arrivée d’un surveillant supplémentaire. « Un super-surveillant, avec le don d’ubiquité, raille une gréviste. C’est cinq qu’il en faudrait ! ».

Jacques Caillaut​, le directeur académique de la Haute-Garonne a annoncé l’ouverture d’une seconde générale pour créer de la mixité.