VIDEO. Lait infantile contaminé: «Un mois après mon fils est toujours malade»

SOCIETE Ségolène Noviant, maman d’un petit Noan contaminé à la salmonelle après avoir consommé du lait infantile produit par Lactalis, va porter plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui »…

Beatrice Colin

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Ségolène Noviant est vice-présidente de l'Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles.

Ségolène Noviant est vice-présidente de l'Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles. — B. Colin / 20 Minutes

  • Au mois de décembre, Lactalis a effectué un retrait massif de ses produits pour nourrissons après la détection de plusieurs cas de salmonellose.
  • Des parents dont les enfants ont été contaminés ont décidé de porter plainte et certains se sont réunis au sein de l’association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles dont Ségolène Noviant est vice-présidente.
  • Plusieurs enseignes de supermarché sont dans la tourmente depuis le début de la semaine pour avoir vendu des produits Lactalis malgré le rappel général lancé le 21 décembre.

Le lait infantile, Ségolène Noviant aimerait bien ne plus avoir à en donner à son petit Noan, six mois. Depuis un mois, son fils est malade après avoir ingéré des produits contaminés aux salmonelles, tout droit sortis de l’usine Lactalis de Craon. « Et tant qu’il aura des diarrhées, je suis obligée de le nourrir au lait infantile », soupire cette mère de famille de 29 ans installée à Toulouse.

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Le 2 décembre dernier, alors qu’il se trouve chez ses beaux-parents à Tarbes, Noan a une forte fièvre. Sa maman fait de suite le rapport avec le lait infantile dont les premiers lots viennent d’être rappelés, mais le sien ne fait pas partie de la liste noire.

Arrivée aux urgences, Ségolène trouve du sang dans les selles de son enfant. « Une analyse a confirmé qu’il s’agissait de la salmonellose », explique la jeune femme. Mais malgré les coups de fil des médecins, les lots ne seront retirés que quelques jours plus tard.

Dépôt collectif de plaintes individuelles

Plus d’un mois après ses premières fièvres et un début de septicémie, son fils est toujours malade. Un mois de galère à courir de services en services, à passer des coups de fil pour avoir des rendez-vous chez des spécialistes, à entendre les soignants se contredire sur les conséquences à long terme pour la santé de son bébé. Ségolène évite aussi les endroits fréquentés, ne reçoit plus personne chez elle, a tout aseptisé.

« Nous n’arrivons pas à en sortir, tous les deux jours il a de la fièvre et des rechutes alors qu’on n’arrête pas de nous dire que tous les enfants vont bien. On est scandalisés, on en a marre de voir nos enfants malades. Nous avons reçu plusieurs témoignages de familles qui sont dans le même cas que nous », relève cette maman qui estime, qu’en pleine période d’épidémie de gastro, de nombreux de cas n’ont pas été diagnostiqués.

Elle a décidé de porter plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Elle le fera à titre individuel mais dans le cadre d’une action collective menée par l'association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles, dont elle est la vice-présidente et qui a déjà recensé près de 3.000 familles concernées.

50.000 signatures pour sa pétition

Cette Toulousaine s’est lancée dans le combat « pour ne plus donner n’importe quoi à nos enfants ». Aujourd’hui, elle ne décolère pas contre Lactalis mais aussi les services de l’Etat et a lancé une pétition sur change.org qui a réuni près de 50.000 signatures en une semaine où elle demande notamment la transparence sur la production des laits infantiles, les contrôles, « sur ce que mangent nos enfants ».

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Aujourd’hui ce sont les grandes surfaces qui sont dans la tourmente. En particulier l’enseigne Leclerc qui a reconnu que des lots avaient été commercialisés dans ses magasins malgré les rappels. Ce manquement, Ségolène Noviant en a été témoin.

« A Noël, nous étions dans les Vosges, je me suis retrouvée dans un Leclerc où il y avait une trentaine de lots qui auraient dû être retirés de la vente. J’ai prévenu une première fois ce n’était pas retiré, puis une seconde. La responsable du magasin nous a montré sa liste, mais elle n’était pas à jour, il a fallu que je lui donne la mienne… elle n’était tout simplement pas au courant », raconte Ségolène.

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Elle avoue que « cela rend parano » vis-à-vis des aliments et de la grande distribution. Pour elle, les parents doivent être attentifs et bien vérifier les numéros de lots avant de donner du lait infantile à leurs enfants.