Juliette Méadel propose la création d'un «impôt "Charlie Hebdo"» pour soutenir la «liberté d'expression»

MEDIAS « Il pourrait s’agir d’un impôt sur les bénéfices de la publicité diffusée sur Internet ou d’un impôt sur les bénéfices des grandes plateformes », explique l’ancienne secrétaire d’Etat…

20 Minutes avec AFP

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Juliette Méadel devant l'hôtel de Matignon en décembre 2016.

Juliette Méadel devant l'hôtel de Matignon en décembre 2016. — PDN/SIPA

L'ancienne secrétaire d'Etat chargée de l'Aide aux victimes Juliette Méadel propose dans une tribune transmise à l’AFP la création d’un « impôt Charlie Hebdo » qui permettrait de soutenir la «liberté d'expression».

« La liberté d’expression est la mère de la République. La République doit donc la financer comme elle finance le fonctionnement de notre vie démocratique […]. La liberté d’expression mérite donc bien un impôt supplémentaire : l’impôt Charlie Hebdo », explique Juliette Méadel.

« Pourquoi ne financerait-on pas des journaux menacés par des terroristes ? »

« Il pourrait s’agir d’un impôt sur les bénéfices de la publicité diffusée sur internet​ ou d’un impôt sur les bénéfices des grandes plateformes. En effet les réseaux sociaux contribuent largement à la diffusion des idéologies délétères et anti-démocratiques », poursuit-elle.

« On finance un parti politique, pourquoi ne financerait-on pas des journaux menacés par des terroristes qui ont un projet politique anti-démocratique ? […] La presse indépendante, celle qui ne vit pas du soutien d’un actionnaire ou d’un industriel, celle qui ne vit que de ses lecteurs, doit pouvoir continuer à exprimer ce qu’elle a à dire », justifie l’ancienne secrétaire d’Etat, rappelant que les frais de sécurisation de Charlie Hebdo sont évalués à 1,5 million d’euros par an par son directeur, Riss.

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Pour Juliette Méadel, la création d’un tel impôt « donnerait […] l’occasion d’aborder, de manière dépassionnée, ce qu’est la liberté de la presse, débat qui ne serait pas inutile en ces temps troublés où les pouvoirs publics sont de plus en plus interventionnistes en matière de liberté d’expression ».