Accident à Millas: «La vie n’a plus de sens sans toi»... La poignante lettre d'une maman à son fils mort dans la collision

FAITS DIVERS « Je suis dévastée. Perdre son enfant, c’est tragique mais dans de telles conditions, c’est insoutenable », raconte Sandra Chinaud…

H. B.

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La douleur est toujours aussi vives pour les familles et les proches des enfants décédés dans la collision entre un bus scolaire et un TGV à Millas, le 21 décembre dernier.

La douleur est toujours aussi vives pour les familles et les proches des enfants décédés dans la collision entre un bus scolaire et un TGV à Millas, le 21 décembre dernier. — Pascal RODRIGUEZ/SIPA

« Tu m’as fait un grand sourire et signe de la main, et nous avons passé notre journée chacun de notre côté. Puis… Tu n’es jamais revenu. » C’est par ces mots que débute l’émouvante lettre de Sandra, la maman de Teddy, un garçon de 11 ans mort dans la collision entre un bus scolaire et un train à Millas (Pyrénées orientales).

Teddy est l’un des six adolescents vivant à Saint-Féliu-d’Avall et scolarisé au collège de Millas, à avoir perdu la vie le 14 décembre dernier dans ce dramatique accident.

« Tu finissais à 16 heures. J’ai attendu. Pensant qu’il y avait du retard, j’ai attendu encore… »

Dans cette lettre, postée sur Facebook une semaine après le drame et partagée plus de 15.000 fois, Sandra Chinaud raconte les derniers instants passés avec son fils : « Ce jour-là, nous devions fêter mon anniversaire à ton retour. Je t’ai déposé comme chaque matin à l’arrêt de bus pour partir au collège (…) Puis, tu n’es jamais revenu », écrit cette mère inconsolable.

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« Tu finissais à 16 heures. J’ai attendu. Pensant qu’il y avait du retard, j’ai attendu encore puisque c’était déjà arrivé. Inquiète ensuite ne voyant pas le bus arriver, j’ai téléphoné au collège pour savoir s’il y avait du retard et ils m’ont répondu que le bus avait eu un accident… »

« Tu étais méconnaissable, tellement abîmé »

Sandra Chinaud raconte ensuite comment elle a appris que son fils faisait partie des victimes​. « J’ai entendu les hélicoptères (tu étais dans l’un d’eux… Je ne le savais pas encore) et toutes sortes de sirènes et là j’ai compris. L’horreur, l’impensable, l’inimaginable. Puis tout s’est enchaîné, et lorsque j’ai pu te retrouver enfin très tôt le lendemain, tu étais méconnaissable, tellement abîmé. Comment un petit corps aurait pu supporter un tel choc ? C’est horrible », raconte la mère de famille.

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« Comment profiter de la vie maintenant que je t’ai perdu  ? […] Maintenant la vie n’a plus de sens sans toi. Je suis dévastée. Perdre son enfant, c’est tragique mais dans de telles conditions c’est insoutenable. Rien ne te ramènera, je sais, mais on connaîtra un jour la vérité. Cette vérité. Je me battrais pour ça », promet-elle à son enfant.