Arrêté en Syrie, le djihadiste Thomas Barnouin a côtoyé Mohamed Merah et les frères Clain

TERRORISME Ils appartenaient tous à la «filière d'Artigat» et ont suivi les enseignements de «l'émir blanc» Olivier Correl...

20 Minutes avec AFP

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Une photo, prise dans la ville de Raqqa, postée sur internet par des sympathisants de Daesh pour célébrer la chute de Palmyre.

Une photo, prise dans la ville de Raqqa, postée sur internet par des sympathisants de Daesh pour célébrer la chute de Palmyre. — SIpa

« La filière d’Artigat » refait parler d’elle. Vétéran de la nébuleuse djihadiste du Sud-Ouest dans laquelle ont gravité Mohamed Merah et les frères Clain, Thomas Barnouin a été arrêté mi-décembre par des combattants kurdes en Syrie, où il était parti se battre en 2014. L’information, révélée par TF1 et LCI, a été confirmée par source proche du dossier à l’AFP. D’autres djihadistes français ont été arrêtés, a indiqué la source, sans en préciser le nombre. Parmi eux : deux autres « convertis », Romain Garnier et Thomas Collange.

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Condamné à cinq ans de prison en 2009

Thomas Barnouin, un Albigeois de 36 ans, avait déjà été intercepté en 2006 avec une autre figure du djihadisme français, Sabri Essid, cette fois par l’armée syrienne, alors qu’ils se rendaient en Irak pour y prendre part au djihad contre les forces de la coalition internationale.

Barnouin et Essid avaient été condamnés à Paris, en décembre 2009, à cinq ans de prison, dont un avec sursis, dans le cadre de la filière dite d’Artigat, village de l’Ariège où résidait Olivier Correl, surnommé « l’émir blanc ». Cet imam salafiste est souvent présenté comme le mentor de Mohamed Merah, auteur des tueries de Toulouse et Montauban en 2012, et de Fabien Clain, « voix » de la revendication par Daesh des attentats parisiens du 13 novembre 2015.

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En 2014, Barnouin et Essid sont au cœur d’une nouvelle affaire de filière de départ vers la Syrie qui englobe encore une partie de la nébuleuse djihadiste du Sud-Ouest, dont le frère de Fabien Clain, Jean-Michel. Converti à l’islam vers 2000, Barnouin s’est progressivement radicalisé en fréquentant des mosquées à Albi, Toulouse et Château-Chinon, selon une proche. En février 2014, il décidait de repartir en Syrie, avec sa femme et ses enfants, avant que les autorités ne perdent sa trace.

Mandat de recherche

Six hommes, ayant pris le chemin du djihad en Syrie dans le cadre de cette filière où Barnouin est soupçonné d’avoir joué un rôle prépondérant, ont été condamnés en octobre à Paris à des peines allant jusqu’à 15 ans de prison. Quel sort sera réservé à Thomas Barnouin ? L’Albigeois est visé par un mandat de recherche délivré par la justice française.

Selon le gouvernement français, environ 1.700 Français sont partis rejoindre les zones djihadistes irako-syriennes à partir de 2014. Sur ce total, au moins 278 sont morts et 302 sont revenus en France (244 adultes et 58 mineurs). Les autres ont été soit capturés par les forces qui combattent Daesh en Syrie et en Irak, soit tués dans les combats, soit ont fui vers les derniers territoires tenus par l’EI ou d’autres foyers djihadistes (Libye notamment).

Le cas des femmes accompagnées de leurs enfants examiné au cas par cas

D’après les services de renseignement français, « quelques dizaines » d’adultes français, combattants djihadistes ou leurs épouses, se trouvent actuellement dans des camps ou des prisons en Irak ou en Syrie. Depuis les attentats de novembre 2015, en partie perpétrés par des djihadistes français de retour de Syrie, les « revenants » du djihad sont la hantise des autorités. Le cas des femmes accompagnées de leurs enfants est le plus épineux, et Emmanuel Macron avait indiqué en novembre que leur sort serait examiné au « cas par cas ».

Ainsi trois enfants, âgés de 3 à 8 ans, d’un couple de jihadistes français partis en Irak rejoindre l’EI viennent d’être rapatriés, mais leur mère et son plus jeune enfant de moins d’un an sont restés sur place, selon ses avocats. « Ce retour est le fruit du dialogue qui s’est intensifié ces derniers mois avec le Quai d’Orsay et la Croix-Rouge », ont déclaré mercredi à l’AFP Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth, confirmant une information de France Inter.