La famille «démunie» d’une otage française au Mali demande au gouvernement « d’accélérer les choses »

OTAGE Sophie Pétronin a été enlevée au Mali il y a un an…

Helene Sergent

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Un soldat français dans la région de Gao, le 19 mai 2017.

Un soldat français dans la région de Gao, le 19 mai 2017. — : PETIT TESSON-POOL/SIPA

  • Sophie Pétronin est âgée de 72 ans.
  • La dernière trace de vie de la bénévole remonte au 1er juillet dernier.

La famille de Sophie Pétronin, l’otage française enlevée au Mali il y a tout juste un an, se dit aujourd’hui « démunie » faute d’avancées concrètes ou de nouvelles récentes, et souhaite que « les choses accélèrent », même si elle reste consciente que « le gouvernement travaille »

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« Aujourd’hui pour tout vous dire on n’a pas d’avancée, pas non plus de preuve de vie. La seule trace de vie qu’on ait eue, c’est cette vidéo du 1er juillet », a déclaré lundi à l’AFP Lionel Granouillac, neveu de Sophie Pétronin, qui vit en Gironde.

Des craintes pour sa santé

Sophie Pétronin, à la tête d’une association d’aide aux orphelins, avait été enlevée le 24 décembre 2016 par des hommes armés à Gao, dans le nord du Mali. Aucun groupe n’avait pendant des mois revendiqué le rapt, jusqu’à ce qu’en juillet la principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, diffuse une vidéo montrant six étrangers enlevés au Mali et au Burkina Faso entre 2011 et 2017, dont Sophie Pétronin.

Depuis, insiste M. Granouillac, il n’y a pas eu d’avancée, pas de trace de vie. Or « cela fait un an à Noël, elle a 72 ans, sa santé est un gros point d’interrogation, donc des messages ont été passés (au gouvernement) disant qu’il fallait peut-être accélérer les choses »

Une « situation ambiguë »

La famille est en contact régulier avec le gouvernement, convient le neveu de l’otage. Son cousin Sébastien, fils de Sophie Pétronin, a voyagé au Mali début décembre avec le Quai d’Orsay, et la famille a été reçue fin novembre par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian « très cordialement. C’était chaleureux, mais en ressortant on n’avait pas d’avancée majeure, ni sur la localisation, ni sur de possibles contacts avec les ravisseurs ».

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« On est dans une situation ambiguë, on ne peut pas exclure le gouvernement, on ne peut pas exclure qu’il travaille, ce qu’on attend maintenant c’est les résultats », résume M Granouillac. L’objectif n°1 de la famille, qui se « serre les coudes », c’est « qu’on ne l’oublie pas (l’otage), qu’elle reste en surface pour tout le monde », grâce au comité de soutien (www.liberons-sophie.fr)

Selon M. Granouillac, son cousin Sébastien doit se rendre de nouveau au Sahel le 28 décembre, cette fois de sa propre initiative, pour « chercher, fouiller, prendre des contacts ». Le fils de Mme Pétronin, basé en Ardèche, n’avait pu être joint lundi.