Affaire des «massages de pied»: «Naïvement», Georges Tron n’a jamais pensé que la réflexologie plantaire pourrait lui «nuire»

PROCÈS Georges Tron a détaillé son parcours avec beaucoup d’assurance, ce mardi, lors du premier jour de son procès pour viols devant les assises de Seine-Saint-Denis…

Vincent Vantighem

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Georges Tron arrive à la cour d'assises de Seine-Saint-Denis,à Bobigny, où il est jugé pour viols.

Georges Tron arrive à la cour d'assises de Seine-Saint-Denis,à Bobigny, où il est jugé pour viols. — JACQUES DEMARTHON / AFP

  • Le procès de Georges Tron pour viols s’est ouvert mardi.
  • La cour s’est attardée sur sa personnalité lors de cette première journée.
  • Il a vivement contesté les faits qui lui sont reprochés.

A Bobigny, 

Il y a une forme de paradoxe chez Georges Tron qu’il a, lui-même, exposée à la barre de la cour d’assises de Seine-Saint-Denis devant laquelle son procès pour viols s’est ouvert mardi. « Bon » à l’école avec un « tropisme littéraire » ; élu député en 1993, maire en 1995 ; avocat en 2009 ; « choisi » pour intégrer le gouvernement Fillon II en 2010 : le sexagénaire est loin d’être « idiot », fait valoir Eric Dupond-Moretti, l’un de ses avocats.

>> Les faits: Georges Tron est jugé aux assises, à Bobigny

Et pourtant, « naïvement », il n’a jamais pensé que sa « passion » pour la réflexologie plantaire pourrait un jour lui « nuire ». Jusqu’au 24 mai 2011. Ce jour-là, deux femmes ont déposé les plaintes qui lui valent, aujourd’hui, d’encourir une peine de vingt années de réclusion criminelle. Aux enquêteurs, elles ont décrit un même « rituel » selon lequel l’homme politique leur aurait imposé des pénétrations digitales après un massage des pieds dans sa mairie de Draveil (Essonne).

« Ce n’est pas un massage, ce sont des points de pression ! »

Les faits sont poisseux. Ils collent, encore maintenant, au costume sobre et anthracite que l’accusé a présenté à la barre, pendant près de deux heures. Calmement, sans jamais s’énerver, d’une voix presque suave, il les a donc contestés. Jusqu’au terme même de « massage des pieds » que les policiers ont voulu lui faire dire en garde à vue. « La réflexologie plantaire, ce n’est pas un massage, ce sont des points de pression ! »

>> Procès : Georges Tron assure qu'il n'est pas un fétichiste des pieds

Il a découvert leur existence dans les années 1980. Car Georges Tron a deux passions : les stylos qu’il collectionne et la montagne qu’il arpente « été comme hiver ». Cela lui occasionne, parfois, des « petits accidents ». Comme cette entorse qui lui a permis de découvrir « les médecines alternatives d’inspiration asiatiques », parmi lesquelles donc la réflexologie plantaire. Familiale, amicale, sa pratique a pris un virage dans les années 1990 quand il a créé une association pour en faire la promotion.

De la gérontophilie à l’infidélité

Près de trente ans après, le voilà accusé d’être un « cavaleur de jupons », en recherche permanente de femmes à qui toucher les pieds. Son avocat lui demande donc s’il pratiquait aussi sur les hommes. « Oui », répond l’accusé. Sur les femmes âgées ? « Oui ». De quoi le faire passer pour un gérontophile, alors ? « Je ne crois pas », poursuit alors Georges Tron dans un numéro bien rodé.

Car, non, l’homme politique est marié à Albane depuis 35 ans. Il y a bien eu une infidélité qui « ne fait pas [sa] fierté » mais sa femme et ses trois filles le soutiennent toujours et c’est justement ce qui lui a permis de surmonter les « accusations mensongères » dont il dit faire l’objet.

« Mon mari n’a pas besoin de violer des femmes pour séduire ! »

En fin de journée, le président de la cour appelle donc Albane, son épouse, à la barre pour qu’elle confirme son soutien à l’accusé. Et celle-ci n’y va pas par quatre chemins. Si elle admet que son mari lui a menti sur sa relation extraconjugale, elle a pourtant tout confiance en lui. Pour une simple raison. « Mon mari est assez bel homme. Les femmes peuvent lui tourner autour de lui. Il a toujours du succès auprès des femmes. » Et d’enfoncer le clou : « Mon mari n’a pas besoin de violer des femmes pour séduire ! »

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La salle gronde du côté des parties civiles. Les deux plaignantes lèvent les yeux au ciel, devant tant d’assurance. Mercredi, ce sera à leur tour de venir livrer à la barre de la cour d’assises leur version de l’histoire. Le verdict, lui, doit êtr rendu le vendredi 22 décembre.