Béziers: Une femme attachée à des rails, la nouvelle campagne polémique de Robert Ménard

POLEMIQUE La secrétaire d’Etat Marlène Schiappa a saisi le préfet, et deux plaintes ont été déposées...

Nicolas Bonzom

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Un extrait de l'affiche de Robert Ménard.

Un extrait de l'affiche de Robert Ménard. — Ville de Béziers

  • L’affiche de Robert Ménard veut promouvoir le déploiement du TGV en Occitanie mais dessert la cause, en mettant en scène une jeune femme attachée à des rails.
  • D’autres affiches choc et de mauvais goût ont été dévoilées ce lundi matin.
  • Ce lundi après-midi, le maire de Béziers a tenté de se défendre sur Twitter.

Il a encore frappé. Robert Ménard, maire de Béziers (Hérault), élu en 2014 avec le soutien du Front national, coutumier des polémiques en tout genre, a publié sur Twitter la nouvelle campagne d’affichage de sa commune, qui débute ce lundi.

L’objectif : promouvoir le déploiement du TGV en Occitanie, notamment le chaînon manquant entre Montpellier et Perpignan. Une action qui mobilise bon nombre d’élus de la région, de gauche à droite. Mais l’affiche de Robert Ménard est un peu particulière…

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« Une honte »

On y voit une jeune femme, attachée à des rails façon western, avec, en fond, un vieux train qui se dirige tout droit sur elle. Et un slogan un peu plus étrange encore. « Avec le TGV, elle aurait moins souffert », clame l’affiche, placardée aux quatre coins de la ville.

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Une réalisation douteuse qui n’a pas manqué de faire réagir dans la région. Carole Delga (PS), la présidente du conseil régional évoque « une honte » et demande que les affiches soient retirées. « La recherche du buzz à tout prix vous fait tomber dans l’outrance la plus abjecte, écrit-elle sur Twitter. Elle ne peut que desservir le combat. »

De son côté, l’ancien député socialiste Sébastien Denaja en a appellé ce lundi à la secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, « pour que des poursuites judiciaires soient engagées sans délai contre l’odieuse campagne lancée par le maire de Béziers », souligne-t-il sur le réseau social.

Le préfet saisi

« Campagne une fois de plus odieuse, de surcroît venant d’un élu de la République, a d'abord écrit ce lundi la secrétaire d'Etat. J’ai saisi ce matin le Préfet afin que tous les recours possibles soient étudiés et activés. Merci pour vos signalements. » Pierre Pouëssel, le préfet de l'Hérault, a réagi à son tour : « Alors qu’une femme sur trois est victime de violences au cours de sa vie, Monsieur Ménard ne mesure toujours pas la souffrance physique et psychologique qu’engendrent ces atteintes à leur intégrité, pas plus que la mobilisation contre ces violences faites aux femmes qui est une priorité. »

Quelques heures plus tard, l'ex-ministre des droits des Femmes Laurence Rossignol (PS) annonçait qu'elle allait porté plainte pour demander « le retrait des affiches ». « L'indignation est indispensable mais il faut aussi agir », a tweeté l'ancienne ministre. Les Jeunes Insoumis ont aussi annoncé sur le réseau social avoir déposé une plainte contre une de ces affiches « pour apologie des violences faites aux femmes et du féminicide ».

De son côté, Robert Ménard a tenté de se défendre, ce lundi après-midi. « Cette image fait référence à l'univers du western », assure-t-il, balayant du revers toute comparaison avec un fait divers récent. « Les réactions outrées et paranoïaques à notre affiche en disent long sur l'ordre moral qui plombe le pays. Les mêmes auraient brûlé Johnny en 1960, Charlie Hebdo en 1970 ou Gainsbourg en 1980. Inquiétant », reprend-t-il.

« Alors, t'accouches ? »

D’autres affiches ont été lancées sur le même thème. L’une montre un squelette, Oscar, qui « attend toujours » le TGV. Une autre montre Emmanuel Macron à travers le hublot d’un avion, avec le slogan : « Pas de TGV ? Prenez l’avion ». Enfin, une autre montre un médecin accouchant une femme d’un TGV. « Alors, t’accouches ? », dit-il. Hum.

Plusieurs autres campagnes d’affichage de Robert Ménard dans sa ville avaient fait polémique depuis son élection à la mairie, notamment celle qui visait les migrants.

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