Seule une victime de violences sexuelles sur 12 porte plainte

JUSTICE Les victimes qui font le déplacement au commissariat ou à la gendarmerie renoncent quatre fois sur 10 à déposer plainte...

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un commissariat de police

Illustration d'un commissariat de police — JACQUES DEMARTHON / AFP

Près de 222.000 adultes sont tous les ans victimes de violences sexuelles, relève ce vendredi une étude publiée par le ministère de l’Intérieur. Cette étude souligne la faiblesse du nombre de faits rapportés à la justice, puisque seule une victime sur douze porte plainte.

Dans une France secouée par l’onde de choc mondiale sur l’ampleur des violences sexuelles faites aux femmes, dans le sillage des révélations du scandale Weinstein aux Etats-Unis, l’étude vient rappeler qu’elles sont, et de loin (83 %, soit 184.000), les premières victimes des viols, tentatives de viol et attouchements sexuels.

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Une seule victime sur 12 porte plainte

Le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) exploitant des données de l’enquête de victimation « Cadre de vie et sécurité » réalisée sous la houlette de l’Insee, met également en lumière la faiblesse du nombre de plaintes auprès des services de police et gendarmerie au regard du nombre estimé de victimes : seule une sur 12 porte plainte.

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« L’écrasante majorité des victimes de violences sexuelles (86 %) ne font pas le déplacement au commissariat ou à la gendarmerie pour signaler les faits qu’elles ont subis. Celles qui font le déplacement renoncent 4 fois sur 10 à déposer plainte », détaille l’étude. Ce sont les faits de viols et de tentatives de viol qui sont le plus souvent dénoncés aux forces de l’ordre. Ce sont également en proportion les faits les plus nombreux (53 %).

L’agresseur connu personnellement dans 2 cas sur 3

« Les agressions sexuelles, notamment celles subies au sein de la cellule familiale, restent des violences encore taboues aujourd’hui, ce qui rend la mesure du phénomène particulièrement délicate », commente l’étude.

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Dans ce sombre tableau des violences sexuelles recensées entre 2008 et 2016 sur les personnes âgées de 18 à 75 ans, le SSMSI relève que dans deux cas sur trois, les victimes connaissaient personnellement leur agresseur. Dans 30 % de l’ensemble des cas, il s’agit du conjoint ou de l’ex-conjoint, précise l’étude. Dans 9 % des cas, les victimes désignent comme auteur une personne du cercle familial (parent, beau-parent, grand-parent, oncle, etc.)

La réitération des agressions interpelle également : chaque année, plus de la moitié (53 %) des victimes déclare avoir subi plus d’un fait de violences sexuelles au cours des deux années précédant l’enquête.