Nord: Après l'agression au marteau de trois pompiers, 18 collègues se mettent en arrêt maladie

SOLIDARITÉ Les trois-quarts de l’effectif des sapeurs-pompiers de Roubaix ne se sont pas présentés à la prise de garde, ce mercredi, trois jours après l’agression de leurs collègues…

20 Minutes avec agence

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Illustration d'un sapeur pompier

Illustration d'un sapeur pompier — Dominique Faget AFP/Archives

Dix-huit des vingt-quatre sapeurs-pompiers du centre d’incendie et de secours de Roubaix manquaient à l’appel, ce mercredi matin. Tous sont officiellement en arrêt maladie, rapporte la Voix du Nord. Un mouvement révélateur du profond malaise qui frappe la caserne depuis l’agression survenue à Wattrelos, dimanche dernier.

Une quinzaine d’individus armés de marteau et de barre de fer

Ce jour-là, dans la soirée, les sauveteurs sont intervenus pour venir en aide à une jeune femme victime d’un malaise. Un proche, s’opposant à son hospitalisation, a appelé du renfort. Les trois pompiers se sont alors trouvés face à une quinzaine d’individus armés de marteau et de barre de fer qui les ont violemment attaqués.

Les policiers ont arrêté quatre frères qui ont été jugés en comparution immédiate ce mardi. Deux d’entre eux ont été condamnés à neuf et douze mois de prison ferme.

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113 agressions depuis le début de l’année

Les sapeurs-pompiers ont le droit de grève, mais afin d’assurer la continuité du service de secours, ils peuvent être réquisitionnés. Sauf dans le cas où ils sont en arrêt maladie…

Ce coup de blues avait donc été anticipé par le Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) du Nord. « Nous ne réagissons pas à la dernière minute, c’était prévu », indique-t-il. Pour assurer les interventions du jour, des renforts en provenance de la métropole lilloise ont été dépêchés vers la caserne de Roubaix.

Chaque année, les agressions dont sont victimes les pompiers sont comptabilisées par le Sdis. « Actuellement, on est autour de 113 faits par an… Là, à Roubaix, ça a dégénéré à une vitesse impressionnante, regrette Gilles Grégoire, le directeur du Sdis. Je n’ai jamais vu une attaque aussi violente. Il nous faut mettre en place une meilleure coordination avec la police. »