• Nouvelle distribution de matériel contre le froid pour les migrants de Calais.
  • Bâches et couvertures sont estampillées avec les logos des associations.
  • La justice sera saisie en cas de destruction du matériel par les policiers.

Mercredi, plusieurs associations d’aide aux réfugiés dans le Calaisis ont procédé à une distribution, un peu particulière, de matériel pour lutter contre le froid. Les logos des associations ont été imprimés sur les effets pour tenter de dissuader les forces de l’ordre de les saisir ou de les détruire.

Six cents bâches et duvets

L’Auberge des migrants, le Secours catholique et Salam ont mené leur action, mercredi après-midi en toute discrétion. Celle-ci consistait à distribuer aux migrants 600 bâches et sacs de couchage « pour leur permettre de ne pas mourir de froid », conformément à la « mission de nos associations de permettre à chacun d’accéder à ses droits fondamentaux et à la dignité », est-il expliqué dans un communiqué commun.

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Sauf que cette distribution diffère des précédentes sur deux points. Le premier étant que les effets distribués ne sont plus anonymisés mais portent le logo des associations. L’autre point est que les bâches et duvets ne sont pas donnés, mais prêtés aux migrants qui, en contrepartie, doivent signer un « contrat de prêt ».

« Nous nous réservons toute possibilité d’action juridique »

Ainsi, les associations restent propriétaires du matériel qui est « clairement identifié ». « En cas de destruction ou de confiscation du matériel, nous nous réservons toute possibilité d’action juridique pour le dénoncer », précisent les associations.

Cette initiative vient pour tenter de mettre un terme à ce que ces associations appellent une « maltraitance institutionnelle » qui se traduit, selon elles, par des destructions régulières des effets personnels des migrants de Calais par les forces de l’ordre.

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Pour étayer ces affirmations, l’Auberge des migrants a publié un « Etat des lieux sur les destructions des abris des migrants à Calais » qui se base, notamment, sur des témoignages de migrants et sur les observations des bénévoles sur le terrain.

Fin juillet dernier, l’ONG Human Rights Watch avait elle-même publié un rapport de 50 pages dans lequel elle dénonçait l’usage fréquent de gaz poivre sur les migrants par les policiers. des accusations réfutées alors par la préfecture du Pas-de-Calais. Néanmoins, en octobre, un autre rapport, officiel celui-là, estimait « plausibles » certains abus des forces de sécurité.