Var: Il lance une pétition contre les dos d'âne illégaux

AUTOMOBILE Un Varois a lancé une pétition en ligne pour protester contre les ralentisseurs en France qu'il juge tous illégaux... 

Mathilde Ceilles

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Un dos d'âne illégal relevé par Thierry Modolo

Un dos d'âne illégal relevé par Thierry Modolo — Thierry Modolo

C’était il y a quelques semaines, dans la petite commune varoise de Roquebrune-sur-Argens. Le propriétaire d’une Ferrari a abîmé sa voiture en franchissant un dos d’âne, illégal car plus haut que le maximum autorisé par la loi. Se retournant contre l’édile de la commune, il a obtenu gain de cause, au point que la municipalité concède à prendre entièrement en charge les frais de réparation.

La mésaventure a été relayée sur les réseaux sociaux par un Varois, Thierry Modolo. Ce dernier a lancé il y a un an à peine une pétition en ligne avec un objectif : faire en sorte que les maires de France respectent les règles en matière de ralentisseurs, tous construits selon lui de manière illégale. Cet ancien pilote, propriétaire d’une Porsche qu’il utilisait quotidiennement dans le département, a décidé de lancer cette pétition en guise de ras-le-bol, estimant ne plus pouvoir circuler en toute sérénité en raison de ces ralentisseurs.

Des dos d’âne illégaux

Thierry Modolo reproche notamment aux maires d’installer des ralentisseurs trop hauts et à des endroits interdits. La loi de stipule en effet qu’un ralentisseur doit respecter conditions. Il est ainsi illégal d’installer un dos d’âne :

  • sur une route où le trafic est supérieur à 3.000 véhicules en moyenne journalière annuelle
  • dans une agglomération
  • sur les voies de desserte de transport public de personnes ainsi que sur celles desservant des centres de secours, sauf accord préalable des services concernés
  • de plus de onze centimètres de haut

Un système inefficace ?

Le hic : d’après une enquête d’Auto Plus publiée en 2013, un tiers des gendarmes couchés inspectés par nos confrères sont illégaux. Or, selon Thierry Modolo, outre les conséquences mécaniques que peuvent avoir ces ralentisseurs sur les véhicules, ces installations trop hautes pourraient être dangereuses pour la santé. « Aujourd’hui, une femme enceinte ou quelqu’un qui souffre du dos vit un calvaire en passant un dos d’âne. On est en train de mettre en danger la vie des gens par démagogie. Quant aux véhicules de secours, ils perdent plusieurs minutes à cause d’un ralentisseur ! » Le Varois met enfin en avant la pollution que généreraient ces ralentisseurs.

« Le dos d’âne n’a aucune incidence, cela ne fait pas ralentir les gens, car une fois passé l’obstacle, l’automobiliste réaccélère et prend une vitesse supérieure », renchérit Bernard Darniche, un ancien pilote de rallye qui soutient Thierry Modolo dans cette démarche. Et d’affirmer : « Les règles ne sont pas dictées pour que les citoyens aient un comportement honorable mais pour couvrir en cas de responsabilité des pouvoirs publics et pour les assurances en cas d’accident. »

La zone 30, l’alternative

« Ce dispositif de modération de la vitesse reste efficace, tempère Christophe Ramond, directeur des études et recherches au sein de l’association Prévention routière. C’est hypercontraignant pour les automobilistes, mais c’est vrai que ce n’est pas adapté à toutes les situations. Nous, ce que l’on préconise, c’est l’aménagement de zone 30 avec des ralentisseurs en début de zone. »

Une position partagée par Jean-Pierre Véran, maire de la commune varoise de Cotignac ​et président des maires du Var. « Mais il faut arrêter un peu, la vitesse de certains automobilistes est forte, notamment aux abords des villages. Les ralentisseurs ont cet avantage de leur faire prendre conscience qu’ils doivent diminuer la vitesse ».

L’édile est conscient du risque couru par les maires si tous les automobilistes se retournaient contre leurs élus pour obtenir un dédommagement comme l’a obtenu le propriétaire de la Ferrari la semaine dernière. « Il faut faire attention et placer ces aménagements de manière intelligente. On va y réfléchir de manière sérieuse pour éviter le problème, je vais évoquer la question à la commission des routes du conseil départemental. »