• Donald Trump a décidé de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.
  • Des Palestiniens en colère ont affronté jeudi les soldats israéliens et brûlé le portrait du président américain.

Donald Trump a allumé la mèche au Proche-Orient. Des Palestiniens en colère ont affronté, jeudi, les soldats israéliens et brûlé le portrait du président américain pour protester contre sa décision de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël. Une vingtaine de personnes ont été blessées par des balles en caoutchouc ou des balles réelles dans les heurts rapportés à travers toute la Cisjordanie et dans la bande de Gaza tandis que le Hamas se prononçait pour une nouvelle intifada contre cette initiative.

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«Jérusalem cristallise la question du conflit israélo-palestinien, à savoir la solution à deux Etats et du partage du territoire. C’est un symbole puisque le propre même de la ville est d’être divisée », estime Elisabeth Marteu, docteure en science politique de l’IEP de Paris et spécialiste du Proche-Orient. Les causes du conflit opposant Israéliens et Palestiniens sont, rappelle-t-elle, « historiques » et note que la ville sainte « cristallise les enjeux religieux, politiques et diplomatiques depuis 60 ans ».

Une ville « au centre de toutes les attentions »

Il faut dire que la ville est « le berceau commun des trois religions monothéistes, dont se réclament une grande majorité des habitants de la planète », souligne Vincent Lemire, historien spécialiste de Jérusalem. C’est sans doute la raison pour laquelle la ville est « depuis l’élaboration du droit et de la communauté internationale, au début du XXe siècle, au centre de toutes les attentions. « La société des nations après la première guerre mondiale, et l’Onu après la deuxième, se sont immédiatement penché sur Jérusalem et le conflit israélo-palestinien », ajoute-il.

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« Depuis ses origines, Jérusalem est une ville monde et elle l’est d’autant plus encore plus depuis qu’elle est au cœur du droit international. Alors, quand il y a une décision unilatérale comme celle de Donald Trump qui est prise, ça déstabilise très fortement la situation locale », poursuit Vincent Lemire. Les dirigeants palestiniens revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël en 1967, comme la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale « éternelle et indivisible ».

« Jérusalem est une "capitale impossible" »

L’historien estime pourtant que « Jérusalem est une "capitale impossible" au sens capitale exclusive d’un seul Etat ». « La ville n’a jamais été un centre politique, une capitale. Elle a toujours été une ville de province dans des empires supra nationaux », ajoute-t-il. Avant de s’interroger : « Comment faire de Jérusalem la capitale exclusive d’un seul Etat quand 40 % de sa population n’est pas citoyenne de cet état ? »

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Selon Élisabeth Marteu, les Palestiniens espèrent que le temps jouera en leur avantage. Beaucoup pensent qu’un jour « la situation pourrait changer et revenir à leur avantage ». Mais, ajoute la spécialiste, « au regard du développement de la colonisation, de la radicalisation du gouvernement israélien et d’une partie des mouvements politiques israéliens, on ne voit pas comment il pourrait y avoir une entente sur Jérusalem et les lieux saints ». « Des solutions il y en a mais ça reste une question de volonté politique. »