Nevers: Le conducteur de train contrôlé à 3,34 grammes écope d’un an de prison avec sursis

JUSTICE Un cubi de trois litres de rosé se trouvait dans la cabine du conducteur, dont « deux litres manquaient après deux heures de trajet », a précisé la présidente du tribunal…

20 Minutes avec agences

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Le train transportait 200 passagers, a rappelé le procureur (illustration).

Le train transportait 200 passagers, a rappelé le procureur (illustration). — MYCHELE DANIAU / AFP

Avec 3,34 grammes d’alcool par litre de sang, ce conducteur de train avait raté l'arrêt en gare de Nevers le 28 juin dernier.

Déjà licencié par la SNCF après les faits, le cheminot a écopé ce mardi d’un an de prison avec sursis pour mise en danger de la vie d’autrui. Il a également été condamné à 200 euros d’amende pour conduite d’un train sous l’emprise d’un état alcoolique.

« Je pensais que la gare de Nevers était plus loin »

Après la gare de Nevers traversée à 110 kilomètres/heure, le train Paris-Clermont avait continué son chemin jusqu’à la gare suivante de Saincaize. L’homme, complètement ivre, avait alors été placé en garde à vue.

« Je pensais que la gare de Nevers était plus loin », a expliqué le prévenu devant le tribunal correctionnel. Agé d’une quarantaine d’années, le cheminot, qui travaillait pour la SNCF depuis 20 ans déjà, a été présenté par la cour comme un « conducteur confirmé ».

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Un cubi de trois litres de rosé dans la cabine

Comment en est-il arrivé à emporter ce cubi de trois litres de rosé, dont « deux litres manquaient après deux heures de trajet » ?, s’est interrogée la présidente pendant l’audience.

Le prévenu a évoqué une consommation d’alcool qui avait « augmenté de façon exponentielle » les mois précédents, sans qu’il ne se l’explique. Il a décrit une situation familiale heureuse avec sa femme et ses quatre enfants.

Ce jour-là, il dit avoir apporté de l’alcool en cabine pour la première fois, pour consommer le soir, après le service. Mais faute de bouteille d’eau, il aurait entamé le vin sans parvenir à s’arrêter de boire.

200 passagers à bord

« On est passés très près d’une catastrophe ferroviaire qui aurait pu être majeure », a tonné le procureur, qui a rappelé la présence à bord de plus de 200 passagers. Il a demandé « la peine maximale » pour mise en danger de la vie d’autrui : un an de prison assorti d’un sursis avec mise à l’épreuve.

« Une foule de systèmes de sécurité automatiques » auraient arrêté le train en cas de « conduite dangereuse », comme cela peut se produire en cas de décès du conducteur, a plaidé l’avocat du cheminot.

« C’est juste un train comme un autre, qui ne s’est pas arrêté à la gare, comme vous en avez tous les jours à la SNCF, a ajouté le conseil. A aucun moment les passagers du train ou les usagers du quai n’ont été en danger ».

Des justifications osées qui n’ont visiblement pas convaincu le tribunal.