Radicalisation: Le programme de lutte de Mulhouse présente des résultats «positifs»

DJIHADISME Dans le Haut-Rhin, 23 délinquants considérés comme en voie de radicalisation islamiste ont été pris en charge dans le cadre d’un programme judiciaire de lutte contre la radicalisation…

A.I. avec AFP

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Le tribunal de grande instance de Mulhouse pilote ce programme de lutte contre la radicalisation depuis octobre 2015.

Le tribunal de grande instance de Mulhouse pilote ce programme de lutte contre la radicalisation depuis octobre 2015. — B. Poussard / 20 Minutes.

« Signes de réinsertion », « prise de distance avec les théories du complot », « reconstruction des liens familiaux »… Deux ans après le lancement du programme de lutte contre la radicalisation de Mulhouse, on note des « indicateurs d’évolution positifs », en tout cas pour les neuf personnes qui sont allées au bout du programme individuel élaboré à leur intention, a expliqué le procureur général près la cour d’appel de Colmar, Jean-François Thony. Pour les 14 autres, le suivi n’est pas terminé.

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Vingt-trois délinquants considérés comme en voie de radicalisation islamiste, mais non soupçonnés d’actes de terrorisme, ont été pris en charge avec succès dans le cadre de ce programme expérimenté en Alsace.

Seul en France à être mis en place dans un cadre judiciaire - à travers la cour d’appel de Colmar et le tribunal de grande instance de Mulhouse -, le dispositif orienté par les différents juges intervient en amont d’une radicalisation violente. Pas auprès d’individus impliqués dans des attentats ou de retour de Syrie, donc. Aucun des participants n’est en détention.

Des parcours individualisés

Les individus concernés sont pris en charge pendant au moins six mois par une équipe pluridisciplinaire d’éducateurs, de psychologues ou de psychiatres. Chaque parcours est individualisé : l’un peut être amené à suivre des cours sur les théories du complot, un autre à faire un « séjour de rupture » avec des éducateurs…

« C’est une prise en charge exigeante : la personne doit honorer trois ou quatre rendez-vous et démarches par semaine, et cela peut durer un an », a souligné le procureur de Mulhouse, Dominique Alzeari.

A ceux qui douteraient de la sincérité des « déradicalisés », « je réponds que pour dissimuler [ses idées] pendant un an, toutes les semaines, il faut vraiment être un bon comédien », a commenté de son côté son homologue de Colmar, Christian de Rocquigny.