• Les sapeurs-pompiers de Loire-Atlantique font état de faits de violences à leur encontre qui ne cessent d'augmenter.
  • Une trentaine d'entre eux ont porté plainte cette année, « mais le nombre de faits d’incivilités est bien supérieur ».

Des insultes, des crachats, jusqu’à des menaces de mort voire des coups. Voilà ce à quoi doivent faire face au quotidien les sapeurs-pompiers, dans l’exercice de leurs missions. Alors qu’ un rapport dévoilait, la semaine dernière, une explosion des agressions contre ces soldats du feu en 2016 en France, les pompiers de Loire-Atlantique ont signé ce mardi avec la justice une convention pour que leurs plaintes bénéficient d’une « attention particulière ».

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Trente plaintes déposées en 2017

Car le département est loin d’être épargné. « Il y a une aggravation de la violence, avec un cap franchi en 2011 », rapporte le colonel Laurent Ferlay, directeur du Sdis 44. Cette année, 30 plaintes ont été déposées par des sapeurs pompiers du département, « mais le nombre de faits d’incivilités est bien supérieur », continue Laurent Ferlay.

« La fonction des pompiers est d’être à l’aide de nos concitoyens, ce que certains ont tendance à oublier. C’est ce qui doit expliquer une protection légale spécifique », justifie le procureur de la République Pierre Sennès, qui promet notamment un meilleur suivi du traitement des plaintes.

Violence diverse

Si l’on peut d’abord penser aux caillassages, la violence envers les pompiers serait en fait très diverse. « Les agressions se déroulent autant en milieu urbain que rural, sur la voie publique ou à domicile, détaille Gwenaelle Perico, chef du service juridique du Sdis 44. Il n’y a pas vraiment de situation type même si la plupart du temps, les agresseurs sont des personnes alcoolisées. »

Le Sdis 44 doit aussi faire face à des vols de véhicules pendant des interventions de secours, à des appels insultants reçus au 18, et même à des guet-appens, de façon marginale. « L’un de nos pompiers s’est fait courser avec un couteau, alors qu’il venait de terminer une intervention, continue Gwenaelle Perico. Un autre s’est retrouvé nez à nez avec une arme, qui s’est avérée factice. »

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Alors que des peines sont parfois prononcées (prison avec sursis pour le dernier cas), le Sdis se mobilise aussi en interne pour éviter ces situations. Depuis deux ans, des formations pour apprendre à gérer des cas d’agressivité sont dispensées dans les casernes, « pour arriver à rapidement prendre du recul et garder son sang-froid ». Une cellule d’aide psychologique a été mise en place.

Le matériel a aussi évolué : les vitres des camions sont désormais toutes filmées pour résister aux projectiles, et un petit bouton rouge d’« appel discret de détresse » a été rajouté sur toutes les radios.

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