Salon Milipol: Robots, tablettes, drones... Voici les derniers gadgets des forces de l'ordre

SECURITE « 20 Minutes » est allé faire un tour à Milipol, le salon consacré à la sécurité intérieure des États, qui ouvrait ce mardi au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte….

Thibaut Chevillard

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Une femme tient un Famas, le célèbre fusil d'assaut français

Une femme tient un Famas, le célèbre fusil d'assaut français — ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

  • Le salon Milipol a ouvert ses portes ce mardi, au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte.
  • Les exposants viennent y présenter leurs nouveautés en matières d’armes et d’équipements.
  • Cette année, drones, tablettes et robots sont à l’honneur sur le stand du ministère de l’Intérieur français.

Des militaires étrangers intéressés par un véhicule blindé, d’élégantes femmes qui demandent des renseignements sur un modèle de mitraillette… Bienvenue à Milipol, le salon dédié à la sécurité intérieur des Etats. Organisé du 21 au 24 novembre 2017 au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte, il accueille plus de 1.000 exposants de 55 pays, venus présenter leurs nouveautés en matières d’armes et d’équipements des forces de sécurité. 20 Minutes est allé faire un tour sur le stand du ministère de l’Intérieur. Petit tour d’horizon des nouveaux gadgets high-tech des forces de l’ordre.

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Nerva, le petit robot du Raid

Quatre roues motrices, une caméra à l’avant, une à l’arrière, et deux sur les côtés. Très facile à utiliser, Nerva a été développé pendant trois ans par la société Nexter pour le Raid, l’unité d’élite de la police nationale. « Quand on arrive sur le lieu de la crise, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. On utilise depuis longtemps des robots pour effectuer des reconnaissances. Ils nous permettent de comprendre ce qu’il se passe derrière une porte », explique un membre de la force d’intervention.

Nerva, le petit robot du Raid
Nerva, le petit robot du Raid - Thibaut Chevillard

Très solide, il peut être « jeté par-dessus un obstacle ». Surtout, il est possible d’installer différents modules dessus, comme une caméra thermique pour voir dans la nuit, ou un module infrarouge permettant de cartographier l’intérieur d’une pièce. Son prix : environ 50.000 euros.

Neogend, les smartphones et tablettes à tout faire des gendarmes

Rédiger un procès-verbal électronique, consulter des fichiers, ses mails… Le système d’exploitation Neogend, développé par l’Ansi (Agence Nationale de la Sécurité Informatique), permet aux gendarmes de (presque) tout faire. Grâce aux applications conçues en interne, ils peuvent, par exemple, scanner une carte d’identité ou un permis de conduire grâce au capteur de l’appareil photo.

Consulter des fichiers, remplir un PV électronique... Les gendarmes peuvent (presque) tout faire avec leur tablette Neo
Consulter des fichiers, remplir un PV électronique... Les gendarmes peuvent (presque) tout faire avec leur tablette Neo - Thibaut Chevillard

« Quand il nous fallait une heure avant pour contrôler tous les passagers d’un bus, un quart d’heure désormais nous suffit. Ce matériel nous fait gagner énormément de temps », estime un gendarme. Les premiers smartphones et tablettes Neogend ont été déployés dans les unités de la gendarmerie il y a environ deux ans. Les derniers modèles de la marque Sony ont commencé à l’être en septembre dernier. A terme, 65.000 gendarmes seront équipés.

Le PVP, développé pour le Raid

Le PVP (pour Petit Véhicule Protégé) a été conçu en 2014 pour le Raid par Renault Trucks Defense. « Il permet de transporter, en plus du chauffeur, six personnes et un sniper et de circuler presque partout, comme dans un centre commercial ou un parc d’attractions », confie un membre de la force d’intervention. Sa carrosserie blindée permet de stopper les balles de kalachnikov que pourraient tirer des terroristes.

Le PVP, développé pour le Raid
Le PVP, développé pour le Raid - Thibaut Chevillard

A l’arrière, pas de sièges mais des strapontins. « L’objectif est de laisser les hommes le plus près de la crise et d’avoir de l’espaces pour transporter des otages ou des blessés au retour », poursuit ce policier, précisant que le PVP a été utilisé le 13-Novembre. Son prix : entre 200.000 et 300.000 euros.

Les drones de la gendarmerie

Ils ont notamment été utilisés à Saint-Martin, après le passage de l’ouragan Irma. La gendarmerie nationale possède quatre drones de type NX110, et une vingtaine de NX 70, son petit frère. Fabriqués par la société Novadem, ils sont employés notamment lors d’opérations de maintien de l’ordre, de renseignement ou pour rechercher des personnes portées disparues.

La gendarmerie a utilisé ses drone notamment à Saint-Martin après le passage de l'ouragan Irma
La gendarmerie a utilisé ses drone notamment à Saint-Martin après le passage de l'ouragan Irma - Thibaut Chevillard

« Le NX 110 peut voler jusqu’à 150 mètres de haut, et être piloté à environ un kilomètre », précise un gendarme. Son parcours est programmé à l’avance, et l’opérateur peut visionner à des distances les images prises par les caméras installées dessus et qui permettent même de filmer de nuit. Le NX 70 est plus petit, plus léger, moins cher et enregistre des images de meilleure qualité.

EVA, la solution d’entraînement à balles réelles

Un policier patrouille devant le Stade de France. Soudain, un homme cagoulé surgit de nulle part et le menace avec un fusil d’assaut. Il faut réagir vite pour protéger la vie des spectateurs présents. Développé il y a quatre ans par un agent de la préfecture de polcie de Paris, le système EVA (pour entraînement vidéo assisté) permet aux policiers de s’exercer au tir à balles réelles en les immergeant dans des situations réelles.

EVA, première station d'entrainement au tir à balles réelles
EVA, première station d'entrainement au tir à balles réelles - Thibaut Chevillard

Déjà utilisé par les policiers parisiens, ce système est en cours de déploiement au niveau national, indique le major T. Pascal, son concepteur.

La Toyota Van Cruser du GIGN

Les policiers du Raid ont le PVP, les gendarmes du GIGN, eux, utilisent une Toyota Van Cruser améliorée juste pour eux par la société bretonne Centigon. Conçu pour résister aux tirs de kalachnikov ou aux engins explosifs improvisés, ce véhicule permet de transporter, outre le conducteur, cinq hommes « complètement équipés avec tous les moyens nécessaires », souffle un membre de l’unité d’élite de la gendarmerie.

Le Toyota Van Cruiser a été adapté aux besoins du GIGN
Le Toyota Van Cruiser a été adapté aux besoins du GIGN - Thibaut Chevillard

Le toit s’ouvre et permet à deux hommes « de se tenir debout et d’ouvrir le feu tout en étant protégés ». Le GIGN en possède 14. Huit sont prépositionnées au siège de l’unité, à Versailles, les autres sont utilisées par ses antennes régionales. Le prix de ce mastodonte d’acier : environ 250.000 euros.

Crim’in, l’application qui analyse les scènes de crime

Installé sur une tablette sécurisée, l’application Crim’In « remplace le bloc-notes et le stylo des enquêteurs », explique Adrien Sivignon, du service central de la police technique et scientifique. Développée il y a deux ans et demi par la société Trydea, elle permet aux policiers de recueillir les informations liées à sa mission, de dessiner une scène de crime, de noter l’ensemble des prélèvements qui ont été effectués, ou de lister les éléments qui ont été retrouvés.

L'application Crim'in permet aux policiers de gagner du temps
L'application Crim'in permet aux policiers de gagner du temps - Thibaut Chevillard

« Les informations saisies sont ensuite directement envoyées sur un serveur sécurisé. L’agent les retrouve dès son retour au bureau sur son ordinateur. Grâce à ce système, il n’a plus besoin de taper son rapport, il est généré automatiquement », poursuit Adrien Sivignon. Son déploiement a commencé lundi soir. 12.000 tablettes devraient être distribuées prochainement.

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