Le préfet craint des troubles à l’ordre public. Un rassemblement prévu ce samedi à la mémoire de Wissam El-Yamni, décédé après avoir été interpellé dans des conditions controversées à Clermont-Ferrand en 2011, a été interdit vendredi soir par la préfecture. L’annonce de cet hommage a « généré un projet de contre-manifestation » au sein de la police et «  le risque d’une confrontation violente entre les participants à ces deux rassemblements ne saurait être accepté », a justifié le préfet du Puy-de-Dôme dans un communiqué.

Il avait appelé dès jeudi à renoncer à ce rassemblement face aux « risques de tensions entre une partie de la population et la police nationale », tandis que l’enquête judiciaire est toujours en cours.

« Nous ne pouvons que nous conformer à cette décision », a déploré la famille

« Il est sidérant que face au lobby policier, les autorités de l’Etat estiment ne pas être en capacité de faire respecter la liberté de réunion et de manifestation », ont réagi dans un communiqué la famille et les soutiens de Wissam El-Yamni.

Convaincue que le jeune trentenaire a succombé à des violences policières, sa famille, avec l’accord de la mairie, comptait organiser une commémoration dans un parc de la ville, au cours duquel un arbre devait être planté et une stèle dévoilée. « Respectueux des lois de la République, comme nous l’avons toujours été, nous ne pouvons que nous conformer à cette décision mais nous déplorons que les Clermontois soient inutilement privés de l’accès au jardin Lecoq comme nous déplorons les intimidations envers la famille El-Yamni », ont estimé les proches du jeune homme.

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Wissam El-Yamni est mort neuf jours après être tombé dans le coma le soir de son arrestation, le 31 décembre 2011. Un rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait relevé l’emploi sur la victime, lors de son transport au commissariat, de la technique du « pliage », consistant à maintenir la tête appuyée sur les genoux. Mais un rapport d’experts avait ensuite estimé que le jeune chauffeur routier avait succombé à un « cocktail toxique » d’alcool et de cocaïne.