VIDEO. Qui est Thierry Marchal-Beck, l'ex-président du MJS accusé d'agressions sexuelles?

PORTRAIT Thierry Marchal-Beck est accusé de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle par huit femmes citées ce mercredi dans « Libération »…

L.C.

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Thierry Marchal-Beck au congrès des jeunes socialistes, à Strasbourg, le 19 novembre 2011.

Thierry Marchal-Beck au congrès des jeunes socialistes, à Strasbourg, le 19 novembre 2011. — SAUTIER PHILIPPE/SIPA

  • Thierry Marchal-Beck a été président du Mouvement des jeunes socialistes de 2011 à 2013.
  • Il a également travaillé quelques mois au cabinet de Benoît Hamon, en 2014, au ministère de l'Education nationale.

Le journal Libération consacre sa Une ce mercredi à un nouveau scandale sexuel. Huit femmes accusent Thierry Marchal-Beck de les avoir harcelées ou agressées sexuellement. Les faits se seraient produits entre 2010 et 2014. A l’époque, toutes étaient militantes ou cadres du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), que « TMB », comme il est surnommé, a présidé de 2011 à 2013.

Militant dès 15 ans

Thierry Marchal-Beck, qui aura 32 ans samedi, a commencé à militer très jeune. En 2000, à 15 ans, il rejoint l’Union nationale lycéenne (UNL). Deux ans plus tard, il adhère au MJS. Fils d’un inspecteur de l’Education nationale et d’une proviseure, il commence ses études à l’Institut d’études politiques de Lille, puis part étudier un an aux États-Unis en 2007.

Il y milite avec des volontaires de la campagne présidentielle de Barack Obama. Il assure au Lab d’Europe 1 que cet épisode a été « une révélation pour la suite de [sa] carrière (…) C’est ce qui m’a convaincu de faire de la politique ».

A son retour en France il écrit son mémoire sur « La racialisation des identités Hutu et Tutsi dans la région des Grands Lacs dans les années 1930 » à l’université de Nanterre. Mais surtout, il commence à gravir les échelons au MJS, intégrant le bureau national avant d’être nommé secrétaire national au Projet 2012. Il est ensuite élu président du mouvement le 19 novembre 2011 au congrès de Strasbourg, avec 71,6 % des voix des délégués.

Aubriste puis hamoniste

Lors de la primaire socialiste de 2011, il était le responsable des « Jeunes avec Martine Aubry ». Il affirme ensuite en 2012 être proche de la ligne hamoniste. Son mandat de président du MJS s’achève en novembre 2013. Il est ensuite nommé chef de cabinet adjoint de Benoît Hamon au ministère de l’Education nationale, d’avril à août 2014.

Benoît Hamon, contacté ce mercredi par 20 Minutes, a déclaré que « les faits rapportés par le journal Libération sont extrêmement graves. J’apporte mon soutien et mes pensées aux femmes qui ont subi ces agressions et exprime toute mon admiration à celles qui ont eu le courage de témoigner. J’ai toujours encouragé les femmes qui subissaient ce type de comportement à porter plainte. Je condamne ces agissements avec la plus grande fermeté et considère que leurs auteurs doivent systématiquement être traduits en justice ». Benoît Hamon dit à Libération avoir entendu «vaguement des rumeurs» en 2012 sur Thierry Marchal-Beck, mais n'avoir disposé «d'aucune information tangible, solide, précise».

Après cette expérience ministérielle, Thierry Marchal-Beck a travaillé au syndicat du chocolat, comme secrétaire général et directeur de la communication. Selon son profil LinkedIn, il est actuellement délégué général de ​l’Union nationale des Associations de Tourisme et de plein air. Pendant la présidentielle, il a selon Libération intégré l'équipe de campagne de Benoît Hamon, où il s'est occupé de la mobilisation, particulièrement pour l'outre-mer.

Capture d'écran du profil LinkedIn de Thierry Marchal-Beck.
Capture d'écran du profil LinkedIn de Thierry Marchal-Beck. - LinkedIn

Il affirmait ses positions féministes

A l’époque de son engagement politique, TMB avait pris plusieurs la parole pour défendre les droits des femmes. Lors de l’université d’été du PS de 2013, se projetant en 2025, il déclarait : « La plus grande révolution de la France de 2025, c’est que la nation est devenue un symbole de l’égalité femmes-hommes à travers le monde (…) En 2025, l’égalité salariale est la norme (…) Les violences faites aux femmes reculent même si elles demeurent un fléau » (un discours disponible en video ci-dessous, à partir de la douzième minute).

Des tweets féministes de TMB (qui a récemment supprimé son compte Twitter) ont également été exhumés ce mercredi par un responsable Front national.