PS: Un ex-président du MJS accusé d'agressions sexuelles, son exclusion demandée

ACCUSATIONS Huit femmes accusent Thierry Marchal-Beck de harcèlement ou d'agressions sexuelles...

G. N. avec AFP

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Thierry Marchal-Beck, le 26 août 2012, à La Rochelle.

Thierry Marchal-Beck, le 26 août 2012, à La Rochelle. — ROBERT/APERCU/SIPA

La secrétaire nationale du PS Rita Maalouf, en charge des droits des femmes, a demandé mardi soir que soit exclu du parti Thierry Marchal-Beck. Cet ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) est accusé de harcèlement et d’agressions sexuelles par huit femmes, selon Libération. « Je demande officiellement son exclusion dans les plus brefs délais, en tant que secrétaire nationale femmes », a indiqué Rita Maalouf à l’AFP.

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Thierry Marchal-Beck, qui n’a pu être joint par l’AFP, aurait agi de 2010 à 2014, parfois en public, et « beaucoup de cadres connaissaient son comportement », selon le quotidien. « Dans leur grande majorité, ces faits sont prescrits et n’ont pour l’instant pas fait l’objet d’une plainte, même si deux victimes y réfléchissent », précise le journal.

Plaquées contre un mur

Libération a recueilli le témoignage anonyme de huit femmes, qui décrivent des faits pouvant être qualifiés de harcèlement ou d’agressions sexuelles. Le journal affirme avoir pu recenser « au moins quatre cas supplémentaires ». Le modus operandi que ces femmes décrivent est souvent le même : l’agresseur les plaque contre le mur, tente de les embrasser, glisse sa main sous leur tee-shirt ou leur jupe.

L’une d’elle affirme que « TMB » a tenté de lui imposer une fellation, une autre qu’il lui a malaxé les seins par surprise, en public. « Il n’était pas entreprenant, simplement violent », affirme une troisième.

« Comportement inqualifiable »

Ces révélations de Libération ont suscité de vives réactions au PS. « Comportement inqualifiable et inexcusable. Soutien total aux victimes. La justice doit passer. Que de tels faits […] se soient passés dans une organisation […] que j’ai présidée en 1995 me révulse au plus haut point », a tweeté le député Régis Juanico.

L’actuel président du MJS, Benjamin Lucas, s’est dit « révulsé », et s’est engagé sur Facebook à « continuer le travail entrepris [depuis] plusieurs semaines » pour « interroger et transformer nos cadres collectifs, nos pratiques, nos silences ».

Rita Maalouf souhaite que soit mise une cellule d’écoute au sein du parti, veut « une formation obligatoire sur ces questions pour les militants, les cadres et les élus » du parti, et entend à l’avenir que « le harcèlement soit un motif d’exclusion », a-t-elle précisé à l’AFP.