VIDEO. Lyon: Un an après sa violente agression, Marin garde «d'importantes séquelles»

AGRESSION Un concert en l’honneur de Marin et des milliers de gens qui l’ont soutenu est organisé le 25 novembre…

Elisa Frisullo

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Marin, tabassé à Lyon pour avoir défendu un couple qui s'embrassait, le 11 novembre 2016

Marin, tabassé à Lyon pour avoir défendu un couple qui s'embrassait, le 11 novembre 2016 — Famille de Marin

  • Le 11 novembre 2016, Marin, 21 ans, était victime d’une violente agression à Lyon pour avoir défendu un couple, pris à partie par un groupe de jeunes alors qu’il s’embrassait.
  • Le garçon, resté entre la vie et la mort pendant plusieurs semaines, est aujourd’hui en rééducation dans un centre en Suisse.
  • Le 25 novembre, un concert est organisé en son honneur au Toboggan à Décines, près de Lyon.

Le 11 novembre 2016, quatre jours après avoir fêté ses 20 ans, Marin, étudiant en sciences politiques, était violemment agressé aux abords du centre commercial de la Part-Dieu, à Lyon. Son seul tort avait été de défendre un couple, pris à partie par un groupe de jeunes parce qu’il s’embrassait en public. Un an plus tard, le garçon, en l’honneur duquel un concert est organisé le 25 novembre au Toboggan (Décines), continue de se battre pour regagner le plus d’autonomie possible. Mais pour lui comme pour ses proches, rien ne sera plus jamais comme avant.

« Cela fait déjà un an que nous sommes dans cette galère. Cela nous paraît surréaliste», lâche Audrey, sa maman, qui a dû arrêter son activité professionnelle pour se consacrer pleinement à Marin et à l’association La Tête Haute, créée notamment pour financer les soins de son fils. Un jeune homme devenu l’an passé, bien malgré lui, un héros et un exemple de courage.

Une difficile rééducation

« Pendant cinq semaines, il est resté en réanimation. On nous répétait que son pronostic vital était engagé. On a passé tout ce temps à se demander s’il allait s’en sortir. Dès que le téléphone sonnait, on craignait le pire », se remémore Audrey. Puis Marin, grand supporter de l’AS Saint-Etienne, a fini par sortir du coma. Après deux mois d’hospitalisation, cloué au lit, le jeune homme a été transféré dans un centre de rééducation en Suisse, dans lequel il se surpasse, jour après jour, pour retrouver une partie de celui qu’il était avant d’être tabassé et laissé pour mort l’an passé par son agresseur présumé.

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« Cela fait un an que j’essaye de retrouver de l’autonomie, ou tout simplement que j’essaye d’avoir une vie décente, je ne demande rien de plus. J’ai, depuis un petit moment désormais, abandonné tout espoir de redevenir le “Marin d’avant”, celui qui pouvait jouer au foot, danser avec ses amis et son amoureuse en soirée », écrit le garçon sur la page Facebook Je soutiens Marin lancée au lendemain du drame pour informer les proches de la famille. Et suivie aujourd’hui par plus de 180.000 personnes.

Une nouvelle opération à venir

« Marin garde des séquelles importantes sur le plan moteur et cognitif. Il n’est pas indépendant pour l’instant », confie sa maman. « Il marche avec une attelle, mais il a perdu le sens de l’équilibre, Il parle, mais difficilement. Son débit est lent. » Prochainement, le garçon doit subir une nouvelle opération au crâne. Après l’échec de la première intervention, suivie d’une infection et d’un retrait d’une partie de son os crânien, Marin devrait bénéficier d’une prothèse définitive.

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D’ici là, l’étudiant devrait avoir l’occasion de rencontrer une partie des nombreuses personnes qui l’ont soutenu sans le connaître via les réseaux sociaux, lors du concert organisé au Toboggan. Un moment que sa famille souhaite festif pour remercier ces inconnus sensibles à leur drame et récolter des fonds pour continuer de soigner Marin.

L’affaire jugée aux assises en mai

« Nous avons été très surpris par ces soutiens. Nous sommes une famille comme tout le monde dont la vie a basculé un jour. L’ampleur de cette mobilisation montre que les gens aspirent à autre chose qu’à cette violence à laquelle nous sommes confrontés », ajoute Audrey.

Après ce moment convivial, une nouvelle étape douloureuse attendra Marin et sa famille : celle du procès de son jeune agresseur, mineur au moment des faits et écroué depuis. L’auteur présumé des coups de béquille assénés à l’étudiant devrait être jugé devant les assises du Rhône en mai 2018, selon les proches de Marin.