Deux ans de prison ferme pour le jeune agresseur d'un Chinois mort à Aubervilliers

JUSTICE La mort de Zhang Chaolin avait suscité l'émoi dans toute la France...

20 Minutes avec AFP

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La femme et la sœur de Chaolin Zhang se sont recueillies, un an après sa mort à Aubervilliers.

La femme et la sœur de Chaolin Zhang se sont recueillies, un an après sa mort à Aubervilliers. — Arian Karimi

Un jeune mineur a été condamné vendredi à deux ans de prison ferme pour l’agression de Zhang Chaolin, un couturier chinois mort des suites d’un vol violent à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) en 2016, a-t-on appris de sources concordantes.

Ce jeune homme, 15 ans au moment des faits, a été condamné par le tribunal pour enfants de Bobigny à cinq ans de prison dont trois avec sursis et mise à l’épreuve, a indiqué le parquet à l’AFP.

Il était notamment jugé pour « vol avec violences ayant entraîné la mort » avec, comme circonstance aggravante, le fait que l’agression avait un caractère « raciste » et été commise « en raison de » l’appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une nation".

Trois jeunes poursuivis

Trois jeunes sont poursuivis dans cette affaire qui avait suscité un vif émoi dans la diaspora chinoise et entraîné des manifestations à Paris et Aubervilliers, où travaillent plus de 10.000 personnes originaires de Chine autour de la première plateforme d’import-export textile d’Europe.

Les deux autres mis en cause, 17 et 19 ans lors des faits, seront jugés prochainement par la cour d’assises des mineurs.

Zhang Chaolin, immigré chinois de 49 ans travaillant comme ouvrier textile, avait été agressé le 7 août 2016 alors qu’il marchait en compagnie d’un ami, également d’origine chinoise. Ils avaient été frappés et leurs agresseurs s’étaient emparés de la sacoche de ce dernier, qui ne contenait en fait qu’un chargeur de portable et quelques bonbons.

La victime avait lourdement chuté sur la tête après avoir reçu un coup de pied au torse. Il était décédé après cinq jours de coma. Les proches de Zhang assistaient vendredi à l’audience qui se tenait sous le régime de la publicité restreinte, mis en oeuvre lorsque des mineurs sont jugés.

Les proches ne « peuvent se satisfaire de cette peine, qui ne les apaise pas, qui ne répare pas », a déclaré à l’AFP leur avocat, Vincent Fillola. Mais, a-t-il ajouté, « y-a-t-il une peine qui puisse apaiser la douleur des Zhang ? »