«La machine à expulser s'affole»... Le nombre d'étrangers placés en rétention a doublé depuis un an, dénonce la Cimade

EXPULSIONS La Cimade voit là l'effet du «développement des contrôles au faciès et des contrôles frontières sous prétexte de lutte antiterroriste», mais aussi des «instructions données aux préfets après l'attentat de Marseille»...

20 Minutes avec AFP

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Le nombre d'étrangers placés en rétention a doublé par rapport à l'an dernier, dans le sillage notamment de l'attentat de Marseille début octobre, s'est inquiétée le 9 novembre 2017 la Cimade.

Le nombre d'étrangers placés en rétention a doublé par rapport à l'an dernier, dans le sillage notamment de l'attentat de Marseille début octobre, s'est inquiétée le 9 novembre 2017 la Cimade. — Jeff Pachoud afp.com

«La machine à expulser s'affole». Le nombre d'étrangers placés en rétention a doublé par rapport à l'an dernier, dans le sillage notamment de l'attentat de Marseille début octobre, s'est inquiétée jeudi la Cimade.

Dans les centres de rétention administrative (Cra) où la Cimade intervient, «le nombre de personnes enfermées a doublé par rapport à la même période en 2016: du 2 octobre au 8 novembre 2017, 1.058 personnes y étaient privées de liberté, contre 569 l'an passé», affirme l'association de défense des étrangers dans un communiqué. La rétention administrative permet de retenir un étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement, dans l'attente de son renvoi forcé.

«Développement des contrôles au faciès»

La Cimade voit là l'effet du «développement des contrôles au faciès et des contrôles frontières sous prétexte de lutte antiterroriste», mais aussi des «instructions données aux préfets après l'attentat de Marseille».

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Lors d'une audition devant une commission de l'Assemblée nationale fin octobre, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb  avait assuré que «nous avions des Cra remplis à 61%» auparavant, qui «aujourd'hui sont pleins, parce qu'une attention particulière a été portée depuis l'attentat de Marseille» au problème de l'éloignement. «S'il faut créer davantage de places, nous en créerons de nouvelles», avait-il affirmé.

Deux femmes avaient été tuées le 1er octobre à Marseille par un Tunisien en situation irrégulière, qui venait d'être remis en liberté suite à des dysfonctionnements administratifs et au manque de places dans le Cra de Lyon. Le préfet du Rhône avait été limogé et Gérard Collomb avait donné des instructions de grande fermeté sur les reconduites.

«Violation massive des droits»

«Si cette circulaire ne fait que rappeler le cadre légal déjà existant, elle invite aussi les préfectures à faire preuve d'un zèle inédit», selon la Cimade, qui déplore une «violation massive des droits». L'association en veut pour preuve la hausse des libérations prononcées par des juges «qui ont constaté et sanctionné des pratiques administratives ou policières illégales»: de 30% de personnes libérées en 2016, on est passés à «41% depuis le 2 octobre», selon la Cimade.