Allongement du congé paternité: « Je ne sais pas comment j'aurais fait si le papa n'avait pas été là »

VOUS TEMOIGNEZ Des mères témoignent de la nécessité pour les pères de rester avec leur famille plus de onze jours après la naissance de leur bébé...

Charlotte Murat

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Illustration d'un père avec son bébé.

Illustration d'un père avec son bébé. — PublicDomainPictures/Pixabay

  • Quarante personnalités ont signé une pétition en faveur de l'allongement du congé paternité.
  • Les internautes dont le conjoint est resté plus longtemps à la maison que les onze jours réglementaires témoignent.
  • Partage des tâches, mères moins épuisées, lien plus fort avec l'enfant
  • Une meilleure rémunération du congé parental apparaît également comme une piste à explorer.

« Un enfant ça ce fait à deux et ça s'élève à deux. Donc les papas devraient avoir le choix d'être plus présents et plus longtemps. » Lucy approuve ainsi la pétition lancée par plus de quarante personnalités pour la réforme du congé paternité. Des hommes qui demandent à ce qu’il soit, à terme, allongé à six semaines. « Onze jours ne suffisent pas pour qu’il y ait une vraie rencontre entre le nourrisson et son père (découverte d’un nouveau rythme de vie, partage de temps affectifs, suivi médical, soins, changes, repas, toilettes) », précise le texte. Et ça, les mamans sont bien d’accord. Du moins celles qui ont répondu à notre appel lancé sur la page Facebook de 20 Minutes. Elles ont eu la chance de voir leur conjoint rester à la maison plus que les onze jours réglementaires et expliquent qu’à deux, c’est bien mieux.

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« J'ai eu de la chance, j'ai accouché plus tôt que prévu, juste au début de des vacances de mon coinjoint. Du coup il a passé un mois et demi avec nous, se souvient Caroline. Heureusement qu'il était là, je ne sais pas comment j’aurais fait sans lui. J’ai eu une césarienne très douloureuse, et au début je ne me sentais pas capable de donner son bain à bébé car j'avais trop mal. Donc c'est le papa qui le faisait. Pour être honnête, au début, il faisait presque tout. Et quand ça a été mieux pour moi, on alternait. Par exemple, la nuit, on se levait chacun son tour, comme ça l'autre pouvait dormir sept ou huit heures d’affilée. Et à tout moment, quand l'un de nous n'en pouvait plus, l'autre prenait le relais. Et en plus, ça permet au papa de créer du lien avec son enfant. Je trouve que c'est important. »  

« Ma fille a tissé des liens très forts avec son père »

Lilie acquiesce. Et avait mis en place quasiment le même système d’organisation. Avec son compagnon, qui « a pu rester cinq semaines » avec sa famille, ils se levaient une nuit sur deux. « Je ne sais pas comment j'aurais fait sans lui. La fatigue accumulée, les marques à prendre quand il s'agit d'un premier bébé, tout ça peut vite nous mettre à bout. » 

Si poser des jours de congé semble être une pratique assez répandue chez les pères qui veulent rester à la maison plus longtemps, certains vont beaucoup plus loin. « Mon mari a négocié une rupture conventionnelle pour s’occuper de notre fille. Et franchement, ni lui ni moi ne le regrettons », raconte Audrey. Car au-delà des soins à apporter au bébé et du repos dont a besoin la maman, des liens plus forts peuvent se créer entre le père et son enfant. C’est du moins ce qu’à remarqué Virginie, dont le mari a pris six mois de congé parental. « Je me rends compte de la relation fusionnelle qui existe entre eux deux. Ma fille a aujourd’hui deux ans et demi et elle et son papa ont tissé des liens très forts. »

En Autriche, un congé parental mieux rémunéré

Si en France peu de pères peuvent se permettre un congé parental en raison de l'allocation trop faible, c'est plus facile dans d'autres pays. En Autriche, par exemple, où habite Hélène. Résultat, « [son] mari a arrêté de travailler à la naissance de notre numéro 1. Notre numéro 2 va bientôt avoir 4 ans et il recommence juste maintenant. Ici, le parent qui s’arrête perçoit des allocations équivalentes à un salaire pendant une période allant de 12 à 36 mois et ça compte même pour le retraite. » Peut-être une piste en plus à étudier au gouvernement.