• La mosquée En-Nour est ouverte depuis 2016, sur décision du Conseil d’Etat.
  • Elle est soupçonnée par le maire de Nice Christian Estrosi, qui a toujours refusé de signer l’acte d’ouverture, d’être implantée sur un emplacement inadapté, de présenter des fichés S et d’avoir des influences étrangères.

Il relance les hostilités. Christian Estrosi ne veut pas de la mosquée En-Nour, à l’ouest de Nice, et a trouvé une nouvelle option pour mettre son inauguration entre parenthèses. Lui préférant une crèche, il avait demandé l’ouverture d’une enquête d’utilité publique. Requête acceptée par le préfet des Alpes-Maritimes. Elle étudiera, du 22 novembre au 20 décembre, si une crèche de 40 places a davantage sa place qu’une mosquée dans ce bâtiment au cœur du quartier Nice Meridia.

« Je ne lâcherai rien et irai jusqu’au bout dans ce projet attendu par la population qui s’inquiète, elle aussi, du manque de transparence dans le financement du lieu de culte En-Nour », explique le maire LR de Nice. Pourtant ouvert depuis juillet 2016, ce lieu de culte est au centre d’un bras de fer entre Christian Estrosi et les responsables de l’association Nice La Plaine qui en a la gestion. Le premier a toujours refusé de signer l’acte d’ouverture de la mosquée, les seconds sont forts d’un feu vert lancé par le Conseil d’Etat.

« Parfaitement intégrée dans le secteur »

« La demande de DUP n’est pas justifiée ni en fait, ni en droit. Une première requête avait déjà été lancée et avait échoué, fait remarquer l’avocat de la mosquée Me Ouassini Mebarek. Nous estimons qu’elle ne se justifie pas eu égard à la décision d’ouverture de la plus haute juridiction de France. Christian Estrosi veut faire plaisir à son électorat. »

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Des arguments partagés par la gauche niçoise. « Cette mosquée a été inaugurée et est ouverte depuis plus d’un an, elle est parfaitement intégrée dans le secteur et il n’y a jamais eu le moindre incident, pointe l’élu d’opposition Patrick Allemand. Malgré les fantasmes du maire de Nice, il n’y eut aucun prêche djihadiste. La fermer maintenant serait un signal catastrophique envoyé à l’ensemble des Niçois de confession musulmane. »

Une enquête préliminaire

Christian Estrosi pointe, lui, un emplacement inadapté, la possible présence de fichés S, des influences étrangères sur la donation et les travaux de la mosquée. « Une enquête préliminaire est toujours en cours. Elle a été initiée sur la base d’un signalement au parquet par la ville de Nice en ce qui concerne l’origine des financements, a précisé lundi le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre. Nous prévoyons une fin d’enquête fin janvier. » Hasard du calendrier, l’enquête publique de la préfecture, totalement indépendante, prendra fin quelques jours plus tôt, le 20 décembre.