Menaces de mort visant Charlie Hebdo: Le parquet de Paris ouvre une enquête

JUSTICE L’hebdomadaire satirique est pris à partie pour sa une sur Tariq Ramadan…

20 Minutes avec AFP

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La une de « Charlie Hebdo » le 1er novembre 2017.

La une de « Charlie Hebdo » le 1er novembre 2017. — Capture d'écran/Charlie Hebdo

Le parquet de Paris a ouvert ce lundi une enquête après les menaces de mort diffusées sur les réseaux sociaux contre Charlie Hebdo à cause d’un dessin représentant l’islamologue Tariq Ramadan, visé par deux plaintes pour viols, a-t-on appris de source judiciaire.

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L’enquête, confiée à la BRDP (brigade de répression de la délinquance contre la personne) de la police judiciaire, a été ouverte pour « menaces de mort matérialisées par un écrit » et « apologie publique d’un acte de terrorisme », a précisé cette source. L’hebdomadaire satirique, dont une partie de la rédaction a été abattue lors des attentats jihadistes de janvier 2015, a déposé plainte lundi après-midi.

Dans sa dernière édition, parue mercredi, le journal représente le théologien le pantalon déformé par un énorme sexe en érection, et proclamant : « Je suis le 6e pilier de l’islam ». « VIOL La défense de Tariq Ramadan », peut-on lire au-dessus du dessin.

De nouvelles allégations d'abus sexuels sur mineurs

L’islamologue et théologien suisse Tariq Ramadan, 55 ans, est visé par deux plaintes pour viol en France, qu’il conteste. Il a par ailleurs démenti lundi des accusations d’abus sexuels sur des mineures, publiées par un média suisse, et annoncé qu’il allait porter plainte pour diffamation. Interrogé sur l’angle choisi pour ce dessin, le directeur de la publication Riss a fait valoir, sur Europe 1, que Tariq Ramadan se présentait lui-même comme « un islamologue, comme un sachant ».

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Depuis les attentats de janvier 2015 à Paris contre Charlie Hebdo, un supermarché casher et une policière municipale (17 morts), les messages de haine et les menaces adressées à l’hebdomadaire n’ont « jamais vraiment cessé », a relevé Riss. « C’est toujours difficile de savoir si ce sont des menaces sérieuses ou pas, mais par principe, on les prend au sérieux et on dépose plainte », a-t-il ajouté.

Le 7 janvier 2015, les frères Kouachi avaient abattu huit collaborateurs de l’hebdomadaire dont cinq dessinateurs, un invité du journal, un agent d’entretien et deux policiers.