«Ce qui m’a séduite, c’est le fait d’être au quotidien à leurs côtés», sourit Bérangaire Courau. A 23 ans, cette jeune femme à la silhouette longiligne s’est engagée à travailler et vivre auprès de personnes atteintes de handicap. Elle habite l’une des trois maisons partagées flambant neuf construites en plein centre-ville de Rungis par la fondation Simon de Cyrène où vivent ensemble personnes valides (salariés de l’association et jeunes en service civique) et en situation de handicape suite à des lésions cérébrales ou encore des AVC. Objectif : aider et lutter contre l’isolement de ces derniers mais surtout créer des liens de confiances et d’amitié entre tous.

«Nos relation dépassent le cadre de l’assistance. On s’attache, on partage nos joies et nos peines. On est un peu comme une famille», explique l’assistante pour évoquer son expérience qu’elle effectue dans le cadre d’un service civique volontaire. Elle et ses colocataires logent dans des studios indépendants installés dans ces bâtisses lumineuses à taille humaine. A l’intérieur tout le confort nécessaire : salle de bain, bureau et kitchenette.

Une «communauté de vie»

Les pièces à vivre (salle à manger, salon, etc) sont communes et permettent de se retrouver et passer du temps ensemble. Pour Jean-Baptiste Labrusse, président du conseil d’administration de Simon de Cyrène, les résidents «forment une communauté de vie. Chacun vit chez soi sans être seul. Nous mettons en place des soirées communes hebdomadaires et des activités tout au long de la semaine pour renforcer les liens». «Ça peut-être du karaoké ou faire la cuisine tous ensemble», abonde Berangaire Courau.

Placardés sur les murs blancs, des plannings indiquent aux habitants les loisirs du jour. Ce matin, un atelier artistique est organisé par le groupement d’entraide mutuelle. Aux côtés de Marie Mallet, la responsable, Melinda, pull fushia sur les épaules, handicapée suite à la dégénérescence d’une maladie orpheline, s’emploie à confectionner des ronds de serviette.

Ouverture vers l’extérieur

«On s’entend tous bien et surtout je ne me sens pas seule ici», fait-elle remarquer. Pour favoriser l’inclusion des habitants dans la société, des actions sont menées en collaboration avec d’autres organismes de Rungis comme le théâtre municipale. Ainsi, les résidents en situation de handicape s’y sont produits dans le cadre d’une pièce en présence d’habitants de la ville.

Pour Marie Mallet, cette ouverture vers l’extérieur est une nécessité: «Ça permet de changer la vision des gens sur le handicap. C’est important pour nous d‘être au cœur de la ville et de montrer que les personnes handicapées ont une utilité et peuvent, elles aussi, participer à la vie de la cité».

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