En cas d'attentat de masse, «nous pourrions revenir à l'état d'urgence», estime Gérard Collomb

SECURITE S’il y avait un meurtre de masse, le Premier ministre n’exclut pas de revenir à l’état d’urgence…

L.B. avec AFP

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Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur

Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur — PDN/SIPA

On pourrait être obligé d’y revenir. Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a estimé qu’en cas de « meurtre de masse », la France pourrait de nouveau avoir recours au régime exceptionnel de l’état d’urgence, qui prend fin mercredi pour être remplacé par une loi antiterroriste.

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« S’il y avait un meurtre de masse - ce qu’on a pu connaître au moment du Bataclan - c’est possible qu’on soit obligé de le remettre mais nous allons faire en sorte que nous puissions gérer des situations de crise. Si elle devenait (la situation) extrêmement dramatique, nous pourrions revenir à cet état d’urgence », a-t-il affirmé mercredi à BFMTV.

Avec la nouvelle loi, « on sera aussi bien protégés »

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Le ministre a néanmoins ajouté qu’avec la nouvelle loi, « on sera aussi bien protégés » : « La loi que nous avons faite nous permet de gérer ce genre de situation, et surtout de prévenir un certain nombre d’attentats ».

Gérard Collomb, interviewé dans le « fumoir », nom donné à la salle de crise du ministère de l’Intérieur lors des attentats de 2015 et 2016, a ajouté qu’une « vingtaine de personnes » seront assignées à résidence dans le cadre de la nouvelle loi anterroriste, alors que 41 personnes étaient jusqu’à présent assignées à résidence.

Ces personnes devront « pointer tous les jours au commissariat ou une gendarmerie », a-t-il précisé, soulignant « qu’au départ de l’état d’urgence, il y avait des centaines de personnes concernées, aujourd’hui il y a un nombre relativement limité ».

L’état d’urgence laisse place à une loi antiterroriste

Instauré dans la foulée des attaques djihadistes du 13 novembre 2015 à Paris, les plus meurtriers jamais commis en France avec 130 personnes tuées, l’état d’urgence laisse place à une loi antiterroriste qui a été critiquée par des associations de défense des droits de l’Homme.

Signée par Emmanuel Marcon lundi, cette loi pérennise plusieurs mesures de l’état d’urgence : elle renforce les pouvoirs de l’exécutif pour assigner quelqu’un (non plus à résidence, mais dans un périmètre au minimum égal à la commune) et réaliser des perquisitions à domicile.

Les autorités peuvent aussi fermer un lieu de culte où se diffuseraient des idées incitant au terrorisme ou effectuer des contrôles d’identité près des frontières et des gares ou aéroports, le tout sans feu vert judiciaire, perquisitions exceptées.