• Seulement 15 % des étudiants inscrits en première année de Paces poursuivent en seconde.
  • La ministre de l’Enseignement supérieur annoncera en novembre comment elle compte réformer cette première année commune aux études de santé.
  • Les voies d’accès parallèles pourraient être développées.

En finir avec un énorme gâchis. La première année commune aux études de santé (Paces) suscite beaucoup d’appelés, pour au final peu d’élus. Cette filière fait partie de celle en tension depuis des années. Et le taux d’échec des étudiants au bout d’un an est de 85 % et de 75 % pour les candidats qui redoublent. Plus question donc pour la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal de s’en tenir au statu quo. Les conditions d’entrée en Paces vont donc être revues. Et les annonces seront faites à ce sujet début novembre.

Mais certaines pistes évoquées lors de la concertation sur la réforme du premier cycle de l’enseignement supérieur ont déjà filtré. 20 Minutes revient sur ce qui pourrait changer pour les futurs étudiants.

L’accès en Paces pourrait se faire sous condition

Actuellement, n’importe quel bachelier, quelle que soit sa filière d’origine et ses notes dans les disciplines scientifiques, peut s’inscrire en Paces. Mais cette grande ouverture s’accompagne aussi de gros échecs comme l’a déclaré ce dimanche, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, dans Le Grand Jury de RTL, LCI et Le Figaro : « Si vous n’avez pas fait le bac scientifique avec mention très bien ou bien, vos chances d’être reçu en première année sont proches de zéro (…) Il faut éviter que des enfants de 18 ans perdent deux ans en se heurtant à des concours extrêmement difficiles », a-t-elle insisté.

Mais cela pourrait changer si l’on en croit les réflexions du groupe de travail sur la Paces lors de la concertation sur l’accès au Supérieur. « L’une des suggestions est que des prérequis soient mis en place pour accéder à la Paces. Selon le scénario retenu par la ministre, ces prérequis pourraient être prescriptifs ou incitatifs », explique à 20 Minutes Jean-Paul Saint-André, le rapporteur du groupe de travail. En clair, dans le premier cas, il faudrait à la fois être titulaire d’un Bac S et valider un Mooc (cours en ligne) « préparation à l’entrée aux études de santé », pour avoir le droit de l’inscrire en Paces. Un système sélectif auquel les organisations étudiantes sont opposées. Dans le second cas, les candidats n’étant pas titulaires du bac S et n’ayant pas validé le Mooc pourraient quand même s’inscrire en Paces, mais « on leur signifierait qu’ils ont très peu de chance de réussir », explique le Pr Jean-Luc Dubois-Randé, président de la conférence des doyens en médecine.

Bientôt des filières parallèles ?

Aujourd’hui, le contenu du concours de fin de Paces est très axé sur les matières scientifiques et ne laisse presque aucune chance de réussite aux bacheliers issus d’autres filières que S. Pour lutter contre cette endogamie, plusieurs universités (Reims, Aix-Marseille, Lyon1, Rennes1, Grenoble, Orléans…) proposent un cursus intitulé Alter Paces. Ainsi, des étudiants inscrits dans diverses licences (sciences de la vie, physique, chimie, psycho, droit…) peuvent intégrer le cursus de médecine en fin de L2 ou de L3, après avoir réussi une épreuve orale d’admission et en suivant un module spécifique de préparation.

Or, lors de la concertation, le groupe de travail sur la Paces a proposé de développer ces filières parallèles : « On pourrait même imaginer que ces Alter Paces soient ouvertes à des titulaires de DUT. Car le but est vraiment de diversifier les profils de médecins afin qu’ils soient plus représentatifs du corps social du pays », explique le Pr Jean-Paul Saint-André. « Il nous faut des humanistes aussi en médecine, pas simplement des techniciens des maths », a renchéri ce dimanche Agnès Buzyn.

Attention à l’autocensure

« Mais pour diversifier le profil des étudiants, nous avons convenu qu’il fallait que 20 à 30 % des étudiants de médecine viennent de ces filières parallèles. Et pour y parvenir, il faudra davantage communiquer sur elles, car le grand public les méconnaît encore trop. Il faudra aussi lutter contre les phénomènes d’autocensure », ajoute Jean-Luc Dubois-Randé. Un défi de taille.