• Ariane Fornia, la fille d’Eric Besson, ancien ministre de l’Immigration de Nicolas Sarkozy, a accusé sur son blog Pierre Joxe, ancien ministre de Mitterrand et ancien président du Conseil constitutionnel, de l’avoir agressée sexuellement dans les rangs de l’Opéra Bastille en 2009.
  • Pierre Joxe a nié cette accusation expliquant qu’il s’agissait d'un « mauvais canular ».
  • Ariane Fornia persiste et indique : « C’est peut-être parole contre parole mais il y a aura plusieurs paroles qui porteront la mienne ».

Cinéma, musique, mode… et maintenant politique. L’affaire Harvey Weinstein a provoqué une vague de témoignages de femmes victimes d’agressions sexuelles. L'un des dernières en date n’est autre que celui d'Ariane Fornia, la fille d’ Eric Besson, ancien ministre de l’Immigration sous Nicolas Sarkozy.

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La jeune femme a publié ce jeudi un long billet sur son blog intitulé #Moiaussi : pour que la honte change de camp, dans lequel elle évoque trois agressions sexuelles qu’elle a subies dans sa vie. Et la dernière concerne un « ancien ministre de Mitterrand, membre de plusieurs gouvernements, qui a occupé des fonctions régaliennes, qui est une grande figure de gauche, décoré de l’Ordre national du mérite et de plusieurs autres Ordres européens ».

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« Il commence à remonter ma jupe »

Cet homme, qui l’aurait agressée il y a huit ans à Paris, au cours d’une représentation à l’Opéra Bastille, serait Pierre Joxe, a  révélé la jeune femme à l’Express. L'homme de 75 ans à l’époque, 83 ans aujourd’hui, était ce soir là assis à côté d'elle.

Sur son blog, l’écrivaine raconte la scène : « La représentation commence. Et au bout de dix minutes, le vieux monsieur a sa main sur ma cuisse. Je me dis qu’il doit être très âgé, perturbé. Je le repousse gentiment. Il recommence. Rebelote. Une troisième fois. Il commence à remonter ma jupe. Il glisse sa main à l’intérieur de ma cuisse, remonte vers mon entrejambe. J’enlève sa main plus fermement et je pousse un cri d’indignation étouffé, bouche fermée. Tout le monde me regarde. Il arrête. Dix minutes plus tard, il recommence. Je lui plante mes ongles dans la main. C’est un combat silencieux, grotesque, en plein opéra Bastille (…) A l’entracte, j’ai demandé à l’officier de sécurité de mon père qui était cet homme, il m’a dit : "C’est Pierre Joxe". »

« J’ai eu peur de donner son nom, peur de mettre en cause un homme très respecté »

La fille d’Eric Besson explique dans un premier temps, qu’elle ne souhaitait pas divulguer le nom de son agresseur : « Je ne voulais pas qu’on commence à soupçonner tous les anciens ministres de François Mitterrand, alors j’ai donné des indices précis, mais j’ai eu peur de donner son nom, peur de mettre en cause un homme très respecté, qui a occupé les plus hautes fonctions de l’Etat », avant de se raviser pour ne pas « être la seule qui se taise par lâcheté. »

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Son père, Eric Besson a confirmé le récit de sa fille à L’Express : « J’étais fou de rage, absolument fou de rage. J’ai envisagé d’aller attendre Joxe en bas de chez lui pour lui casser la gueule, et puis j’ai entendu les inquiétudes de ma fille, dans une situation qui était compliquée politiquement pour moi et dont elle souffrait. On s’est tu. Mais tout s’est passé exactement comme elle le raconte sur son blog. »

Nos confrères de L’Express ont tenté de joindre Pierre Joxe, qui a répondu qu’il s’agissait sans aucun doute d’un « mauvais canular » : « J’aurais eu des gestes déplacés, moi ? Vous plaisantez, sans doute ? » a-t-il dit avant de raccrocher.

« A moins qu’on leur mette une vidéo sous le nez, un test ADN, ils nient »

Ariane Fornia a confirmé ce vendredi sur RTL ses accusations envers l’ancien président du conseil constitutionnel : « A moins qu’on leur mette une vidéo sous le nez, un test ADN, ils nient. C’est pour cela qu’il y a un tel mouvement de colère, de révolte et de libération de la parole féminine. »

Désormais elle explique que cela sera « peut-être parole contre parole mais il y a aura plusieurs paroles qui porteront la mienne ». Et notamment son père Eric Besson ainsi que son officier de sécurité.