• La question d’augmenter le nombre de places dans ces formations est sur la table.
  • Le gouvernement veut aussi adapter l’offre et la demande pour éviter les places vacantes.
  • La création d’un BTS sports est à l’étude.

Comment ne surtout pas rééditer la situation des naufragés APB de cette année ? Et permettre à chaque bachelier de trouver une place dans une formation de son choix ? Ce jeudi, les groupes de travail sur l’entrée dans l’enseignement supérieur ont rendu leurs conclusions à la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, qui annoncera ses décisions début novembre.

Parmi toutes les propositions pour désengorger les filières surchargées et améliorer la réussite des étudiants, certaines concernent les BTS et les DUT. Ces filières courtes et sélectives en deux ans, ont le mérite de plaire aux bacheliers et d’offrir des débouchés. Problème : alors qu’elles étaient à l’origine plutôt destinées aux titulaires de bacs professionnels et technologiques, beaucoup de bacheliers généralistes s’y précipitent. Et comme les candidats se bousculent au portillon, ceux à qui ces filières étaient initialement destinées ne sont pas pris en BTS et DUT et sont contraints de s’inscrire en licence généraliste à la fac où souvent, ils échouent.

Booster le nombre de places

Pour éviter cet écueil, les groupes de travail suggèrent de doper les BTS et DUT en augmentant leurs places disponibles. « Il y a un consensus sur ce point et le ministère semble aller dans ce sens », commente Christine Duprat, membre du Snesup, qui a participé à la concertation. « Mais cela ne se fera pas sans professeur et sans matériel supplémentaire. Et nous espérons un engagement du ministère sur ce point », déclare François Germinet, président de la commission formation à la Conférence des présidents d’université. Par ailleurs, « il faudrait que les places en BTS et en DUT soient réservées en priorité aux bacheliers professionnels et technologiques », avance Stéphane Leymarie, secrétaire général du Sup’ Recherche-Unsa. Un avis partagé par la plupart des participants à la concertation. Plusieurs académies ont d’ailleurs testé un dispositif visant à augmenter le nombre de bacs pros acceptés en STS. Le principe : confier au conseil de classe du lycée d’origine de l’élève, la décision de son admission en BTS. Un système efficace qui pourrait être étendu à d’autres académies.

Mais pour dynamiser les BTS et les DUT, il faudrait aussi les rationaliser : « fin septembre à l’issue de la procédure complémentaire, il restait par exemple 9.243 places vacantes en BTS et 1.199 en DUT. Ce qui montre que certaines formations sont clairement plus demandées que d’autres. Il faut travailler pour que l’offre corresponde mieux à la demande », estime François Germinet. « Il faudrait sans doute fermer des classes de BTS et des sections de DUT et en ouvrir d’autres », poursuit Stéphane Leymarie, secrétaire général du Sup’ Recherche-Unsa.

Et pourquoi pas un nouveau BTS métiers du sport ?

Le gouvernement étudierait aussi la création d’un BTS métiers du sport pour les bacs pro, afin de désengorger la filière Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), la plus touchée par le tirage au sort depuis plusieurs années. « Ce serait un moyen de diversifier l’offre postbac pour les jeunes qui veulent travailler dans le domaine sportif. Ce BTS permettrait par exemple de travailler ensuite dans la gestion d’une structure sportive », indique François Germinet. Une idée qui ne séduit pas tous les participants à la concertation : « si le BTS sports est créé, y aura-t-il assez de débouchés pour ses diplômés et ceux de la filière Staps ? », interroge Stéphane Leymarie.

Conscients du succès des formations courtes et professionnalisantes telles que les BTS et les DUT, certains participants de la concertation estiment même qu’il faudrait s’en inspirer pour créer d’autres filières. « Il faut diversifier l’offre de la filière professionnelle à la fac, en proposant des licences professionnelles accessibles après le bac », affirme François Germinet. Une idée qui séduit beaucoup les entreprises, mais sera-t-elle retenue par la ministre ?