« Retrait du décret -5 euros, et le maintien intégral de l’APL ! » Tel est le mot d’ordre de la journée de mobilisation organisée ce samedi à l’appel du collectif « Vive l’APL », qui réunit près de 70 organisations de défense des locataires et mal-logés (CNL, CGL, CLCV, Fondation Abbé Pierre, DAL, Attac, Ligue des droits de l’homme), d’étudiants (FAGE, Unef) de syndicats (CGT, FSU, Solidaires) et de bailleurs sociaux.

Des rassemblements sont organisés à partir de 14h devant les mairies de 18 villes de France, notamment celles de Toulouse, Bordeaux, Lille et Nantes, et à 16h devant l’hôtel de ville de Paris.

Recours contre le Conseil d’Etat

Le collectif « Vive l’APL » a déposé mercredi un recours au Conseil d’Etat contre la baisse de 5 euros des Aides personnalisées au logement, dont l’annonce cet été par le gouvernement avait créé un tollé.

Les APL ont été réduites de 5 euros mensuels à compter du 1er octobre pour 6,5 millions de ménages bénéficiaires, selon un décret du 28 septembre,et elles pourront à l’avenir voir leur montant diminué par simple arrêté, selon deux arrêtés datés du 29 septembre. Ce recours en référé-suspension déposé par le collectif est une procédure d’urgence pour demander l’arrêt de l’application de ces textes.

Pour les personnes les plus modestes, cinq euros « c’est un repas, les céréales pour le petit-déjeuner des enfants, le poulet, du lait… », souligne le collectif dans un communiqué.

« C’est pour ça qu’en plus de vouloir annuler ce décret, nous souhaitons que le CE [Conseil d’Etat] suspende son application, en urgence. Et nous attendons une audience pour que cette urgence s’exprime », ajoute le collectif.

>> A lire aussi : Mais pourquoi Emmanuel Macron en veut-il tellement aux APL?

La Cnaf (Caisse nationale des allocations familiales) et le Conseil national de l’habitat (CNH) ont tous deux émis récemment des avis défavorables contre ces textes. Ces deux avis ne sont toutefois que consultatifs.

Fin août, le Premier ministre Edouard Philippe avait qualifié de « pas intelligent » ce coup de rabot qui représente une économie mensuelle de 32,5 millions d’euros pour le budget de l’Etat, mais l’avait justifié par la nécessité de réaliser les économies prévues dans le budget 2017, par la majorité précédente.

Une majorité de Français opposés la baisse des aides au logement

Selon un sondage BVA réalisé pour l’Union sociale pour l’habitat et publié ce samedi par RTL, près de 7 Français sur 10 déclarent soutenir la campagne « Vive l’APL ! » (68 %, dont 29 % tout à fait).

« La prise en charge par les bailleurs sociaux de la baisse des APL pour les locataires en HLM est une mesure perçue négativement par une majorité de Français. Ceux-ci jugent en effet qu’elle aura des impacts négatifs en termes de rénovation (50 % effet négatif) ou de construction (48 %) de logements sociaux, de rénovation de certains quartiers en difficulté (48 %) voire même plus largement en matière d’emploi dans le secteur du bâtiment (45 %). » détaille l’étude.

*Etude réalisée par l’Institut BVA par téléphone du 6 au 7 octobre 2017 auprès de 977 Français, âgés de 18 ans et plus (échantillon représentatif selon la méthode des quotas)