Activités de Lafarge en Syrie: Laurent Fabius va-t-il être auditionné par la justice?

ENQUETE L’ONG Sherpa demande également aux juges d’entendre deux anciens ambassadeurs de France en Syrie…

H. B.

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L'ex-ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, le 21 janvier 2016 à Davos, au  Forum économique mondial.

L'ex-ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, le 21 janvier 2016 à Davos, au Forum économique mondial. — Michel Euler/AP/SIPA

L’affaire Lafarge va-t-elle prendre une tournure politique ?  L’ancien ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius est dans le viseur de l’ONG Sherpa, partie civile dans l’enquête visant les activités du cimentier Lafarge en Syrie. L’association, qui défend des anciens salariés syriens du groupe, réclame l’audition par la justice de l’ancien ministre, en poste de 2012 à 2016, révèle France info.

L’ONG demande également aux juges d’entendre deux anciens ambassadeurs de France en Syrie.

« L’État doit être exemplaire »

« La justice française ne doit oublier aucun acteur dans cette affaire », estime Marie-Laure Guislain, la responsable du contentieux de Sherpa. « L’État doit être exemplaire, les juges doivent donc rechercher son éventuelle responsabilité », a-t-elle expliqué à France info.

>> A lire aussi : De quoi est accusé le cimentier Lafarge?

Une information judiciaire a été ouverte le 9 juin dernier pour « financement d’entreprise terroriste » et « mise en danger de la vie d’autrui ». La justice doit déterminer les liens qu’a pu entretenir le géant du ciment, notamment avec Daesh, pour continuer à faire fonctionner en 2013 et 2014 la cimenterie de Jalabiya dans le nord du pays. Onze anciens salariés de l’usine syrienne ont également saisi la justice française pour « mise en danger de la vie d’autrui. »

« Tous les six mois, on allait voir le Quai d’Orsay qui nous poussait à rester »

Selon France info, plusieurs dirigeants de Lafarge ont déclaré devant les enquêteurs que le ministère des Affaires étrangères était informé. « Tous les six mois, on allait voir le Quai d’Orsay qui nous poussait à rester. […] Le Quai d’Orsay dit qu’il faut tenir, que ça va se régler », a notamment déclaré le directeur général adjoint du groupe au moment des faits.

Une version contestée par le ministère des Affaires étrangères qui déclare avoir « alerté le groupe Lafarge sur les risques encourus à rester en Syrie ».