Lyon: Un enfant de 10 ans, de retour du Sri Lanka, porteur de la rage

SANTE Il a été mordu lors d’un voyage au Sri Lanka en août dernier…

Caroline Girardon

— 

Illustration d'un service d'urgences d'un hôpital pour femme, mère et enfant.

Illustration d'un service d'urgences d'un hôpital pour femme, mère et enfant. — M.GILE/SIPA

  • Un enfant de 10 ans a contracté la rage lors d’un voyage au Sri Lanka durant le mois d’août.
  • Il jouait avec un chien qui l’a mordillé.
  • Une soixantaine de personnes ayant été en contact avec le petit garçon ont été invitées à consulter même s’il n’y a jamais eu de cas de transmission interhumaine.

Aujourd’hui, il se trouve dans un « état critique », son pronostic vital étant réservé. Un petit garçon de 10 ans, habitant près de Villefranche dans le Rhône, a contracté la rage au mois d’août lors d’un voyage en famille au Sri Lanka. Il s’agit du 24ème cas avéré en France depuis 1970. Le diagnostic a été établi lundi par l’Institut Pasteur, indique ce jour l’Agence régionale de santé (ARS) en Rhône-Alpes.

« Il a été en contact avec un chiot qui n’était pas farouche, ni agressif et qui avait un comportement normal », explique Bruno Morel, directeur délégué de la veille sanitaire de l’ARS. L’enfant qui se prend d’affection pour le chiot, le caresse et s’amuse avec lui. Le cabot en retour, le mordille affectueusement. « Il n’y a pas eu de saignement sauf une fois où le garçon a retiré sa main rapidement. Mais ses parents ne sont pas inquiétés car la blessure n’était pas grave », poursuit Bruno Morel.

Aucun traitement curatif

L’enfant, de retour de vacances, reprend le chemin de l’école. Jusqu’aux premiers symptômes qui sont apparus le 1er octobre. Une grande fatigue et des douleurs à la gorge. Le lendemain, son état s’aggrave. Il devient confus, a soif mais redoute de boire. Le médecin qui l’examine ne soupçonne pas la rage.

>> A lire aussi : Un plan mondial mis en place pour vaincre la rage d'ici à 2030

Hospitalisé à Villefranche le 3 octobre, le petit garçon sera ensuite transféré à Lyon, en service de réanimation. Les analyses effectuées confirmeront lundi qu’il s’agit bien de la rage pour laquelle il n’existe aujourd’hui aucun traitement curatif dès que la maladie est déclarée.

« Il n’y aura pas d’autre cas. Ses proches ont été vaccinés », assure Anne-Marie Durand, directrice de la santé publique à l’ARS afin d’éviter toute psychose. Et de rappeler : « Aucun cas de transmission interhumaine au monde n’a jamais été rencontré sauf quatre fois. Mais il s’agissait uniquement de personnes qui avaient subi une greffe de la cornée. Concernant la contamination par la salive ou les larmes, il n’y a eu aucun cas ».

Une soixantaine de personnes invitées à consulter

« Il s’agit de rassurer les familles ». Mais « compte tenu de la gravité de la maladie », une soixantaine de personnes ayant été en contact avec l’enfant, ont été invitées à consulter en vue d’une éventuelle vaccination.

>> A lire aussi : «Gare à la rage», la nouvelle campagne à l'attention des voyageurs

Selon Christine Saura, responsable de la cellule santé publique France en Rhône, « le risque d’acquérir la rage sur le territoire français est quasiment nul ». A deux exceptions près : avoir été mordu par une chauve-souris ou un animal ayant lui-même été contaminé par une chauve-souris, comme cela a été le cas en Guyane en 2008. Et importer illégalement des animaux malades vivant dans des zones endémiques.

« Les cas recensés en France depuis 1970 sont uniquement des personnes qui ont été exposées à la maladie dans des pays où le virus circule encore », poursuit-elle. D’où l’importance de se faire vacciner avant un voyage à l’étranger, rappelle l’ARS. La rage est responsable d’environ 59.000 victimes par an dans le monde.