Manifestations à Paris: La gestion du maintien de l'ordre à l'épreuve des nouvelles mobilisations sociales

MANIFESTATION Depuis un an, une cellule baptisée «Synapse» au sein de la préfecture de police de Paris planche sur l’évolution des moyens à disposition des forces de l’ordre pour sécuriser les manifestations…

Helene Sergent

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Des manifestants ciblés par un canon à eau de la police, lors de la manifestation contre la loi travail, le 14 juin 2016 à Paris.

Des manifestants ciblés par un canon à eau de la police, lors de la manifestation contre la loi travail, le 14 juin 2016 à Paris. — Francois Mori/AP/SIPA

  • Ce mardi, un appel unitaire à la grève a été lancé par tous les syndicats de fonctionnaires à Paris et partout en France.
  • A Paris, une nouvelle manifestation est prévue dès 14 heures entre la place de la République et la place de la Nation.
  • C’est la 4e grande manifestation organisée dans le cadre de cette rentrée sociale.
  • Pour éviter des violences et débordements comme en 2016, la préfecture de police de Paris étudie de nouveaux modes d’intervention des forces de l’ordre.

Comment éviter les débordements… sans violence ? A la veille de la nouvelle journée d’action des fonctionnaires organisée ce mardi, les autorités dévoilent leurs pistes de réflexion pour faire évoluer leur gestion du maintien de l’ordre.

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Un an de réflexion au sein de la cellule « Synapse »

La tenue de la COP 21, le printemps social 2016 et l’organisation de l’Euro de football en France ont été autant « d’événements tests » pour les forces de l’ordre. L’année s’était soldée par des centaines de blessés et plus de 111 enquêtes ont été diligentées sur cette période par la police des polices, l’IGPN, pour « violences policières ».

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Un bilan particulièrement négatif qui a poussé, en août 2016, la préfecture de police de Paris à mettre en place une nouvelle cellule de réflexion. Baptisé « Synapse », ce groupe composé de six personnes a pour mission d’imaginer de nouveaux outils destinés aux CRS (Compagnies républicaines de sécurité) ou au EGM (Escadrons de gendarmerie mobile) pour maintenir la sécurité des manifestants sans rogner sur le droit de manifester. Une problématique relancée par la mobilisation à la rentrée contre les ordonnances et la loi travail XXL.

Communiquer, informer

« Le but de cette unité, c’est de regarder ce qui se fait ailleurs en matière de maintien de l’ordre et d’étudier la compatibilité de ces moyens avec notre arsenal juridique. Depuis sa création en août 2016, ils analysent ce qui a marché, ce qui a pu poser problème après chaque manifestation et étudient ce qui pourrait être mis en place lors de la prochaine mobilisation », détaille la préfecture de police de Paris à 20 Minutes.

Ainsi, on a vu réapparaître à la rentrée les canons à eaux un temps délaissés par la police dans l’agglomération parisienne. Un fonctionnaire de cette « cellule » s’est également rendu à Hambourg (Allemagne) en juillet dernier pour le G20 afin d’évaluer l’efficacité de haut-parleurs puissants lors d’opérations de police. Un usage qui va dans le sens d’une « meilleure communication à destination des manifestants pacifiques » souhaitée par l’administration. Le recours aux réseaux sociaux, Twitter et Facebook, tout au long des manifestations, devrait dans le même temps s’intensifier.

Une réflexion ancienne

La mort de Rémi Fraisse au cours d’affrontements entre manifestants et gendarmes sur le barrage de Sivens (Tarn) en 2014 avait déjà amené les parlementaires à « repenser » le maintien de l’ordre dans le cadre d’une commission d’enquête. La création de nouvelles unités policières de médiation intégrées aux manifestations, le développement de moyens intermédiaires pour disperser les foules (sonores, lumineux) ou l’intervention exclusive d’unités spécialisées (CRS et gendarmes) avaient été plébiscitées par les élus.

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Dans les faits, en dehors d’un « effort permanent d’amélioration des moyens utilisés pour disperser la foule », les autres propositions des parlementaires n’ont toujours pas vu le jour. Aucune modification législative n’est prévue pour le moment mais plusieurs « documents de travail » sont régulièrement diffusés dans les services d’ordre mobilisés et un cahier, édité par la cellule Synapse, a été remis au préfet de police.