Ouragan Irma: Où en est l'aide aux sinistrés un mois après?

SOLIDARITE «La reconquête de la vie normale est en cours mais le chemin sera long», a indiqué mercredi, le Premier ministre Edouard Philippe…

Delphine Bancaud

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Un membre de la Croix-Rouge distribue de l'eau à des sinistrésn le 21 septembre 2017 à Saint-Martin. AFP PHOTO / Helene Valenzuela

Un membre de la Croix-Rouge distribue de l'eau à des sinistrésn le 21 septembre 2017 à Saint-Martin. AFP PHOTO / Helene Valenzuela — AFP

  • Un déploiement massif des associations s’est opéré à Saint-Martin après le passage d’Irma.
  • Outre une aide matérielle, les associations apportent aux sinistrés un soutien psychologique et administratif.
  • Et la relance économique est désormais une autre priorité sur le terrain.

Dans la nuit du 5 au 6 septembre, l’ouragan Irma atteignait Saint Barthélémy et Saint-Martin, ravageant ces îles. Un drame qui a suscité un élan de générosité puisque la Fondation de France a récolté dix millions d’euros de dons, la Croix-Rouge française 5 millions d’euros…

20 Minutes fait le point sur les actions qui ont pu être mises en place grâce à ces fonds et aux aides de l’Etat.

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L’aide d’urgence sur place se poursuit

La situation est toujours très difficile sur place, surtout à Saint-Martin, comme le confirme Axelle Davezac, directrice générale de la fondation de France. « C’est l’île qui a été la plus touchée par l’ouragan. Et elle est d’autant plus vulnérable qu’une partie de sa population était déjà très pauvre avant le passage d’Irma. Le taux de chômage avoisine les 30 % et le revenu moyen extrêmement bas », explique-t-elle.

Présentes très tôt sur place, les associations ont multiplié les actions : « Chaque jour depuis le début de la catastrophe, au moins 130 personnes de la Croix-Rouge interviennent auprès des sinistrés. En quatre semaines, on a distribué 25.000 bouteilles d’eau, 6.000 jerricanes, de la nourriture, 1.400 kits hygiène, 400 kits de nettoyage, 2.400 moustiquaires… Nous avons aussi installé 11 réservoirs d’eau », énumère Jean-Christophe Combe, directeur général de la Croix-Rouge française.

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Même son de cloche du côté du Secours populaire : « Depuis un mois, nous avons aidé plusieurs milliers de familles. Nous leur avons fourni de l’eau, du lait, des pastilles pour purifier l’eau… Mais également des tentes, des bâches, des moustiquaires, des douches solaires, car beaucoup d’habitants sont restés dans des abris de fortune », indique Christian Causse, membre du bureau national. Pour l’heure, « un tiers des particuliers n’ont pas accès à l’eau courante », a déclaré Edouard Philippe ce mercredi et l’électricité n’est pas rétablie partout. D’où l’intervention des associations pour fournir des groupes électrogènes, des lampes solaires, des kits éclairage des réchauds. Et pour les personnes qui ne pouvaient plus rester chez elles, les associations ont géré leur accueil, avec l’aide de l’Etat : « Nous avons accueilli des sinistrés dans 9 centres d’hébergement d’urgence », informe Jean-Christophe Combe.

Outre une aide matérielle, les sinistrés ont aussi besoin d’une aide psychologique : « Ils se sont vus mourir et sont traumatisés », souligne Olivia Mons, porte-parole de France victimes. Du coup, plusieurs associations ont mis en place des cellules de soutien psychologiques. « Nous avons aussi accompagné les familles endeuillées afin d’obtenir les permis d’inhumer ou de gérer le rapatriement des corps en métropole par exemple », poursuit Olivia Mons. Plusieurs associations fournissent en outre un accompagnement administratif aux sinistrés pour effectuer leur  déclaration de sinistre.

Le gouvernement a de son côté trimé pour permettre les premiers retours à l’école la semaine dernière. Un quart des élèves de Saint-Martin ont retrouvé l’école depuis lundi, tandis qu’à Saint-Barthélemy, « tous les élèves vont à l’école »,, avait annoncé mardi le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Enfin, les associatifs et les militaires se démènent sur le terrain, pour dégager les routes : « Il y a encore beaucoup de gravats, de poutres et de tôles sur les routes. Cela ressemble par endroits à une décharge à ciel ouvert », commente Chrsitian Causse.

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Les sinistrés réfugiés en Guadeloupe ou en métropole sont soutenus aussi 

Selon le gouvernement, entre 7.000 et 8.000 personnes ont quitté Saint-Martin et Saint-Barthélemy pour rejoindre la Guadeloupe ou la métropole. Plusieurs associations dont la Croix-Rouge ont géré l’accueil et l’orientation des sinistrés dans les aéroports de Guadeloupe et de métropole. « Sur place, nous mobilisons Pole emploi et l’action sociale afin qu’ils viennent en aide aux sinistrés », déclare Olivia Mons. « Et nous aidons aussi ceux qui songent à repartir à Saint-Martin ou à Saint-Barth à reconstruire des projets », poursuit-elle. Au 27 septembre, 284 élèves avaient aussi recommencé leur scolarité en Guadeloupe, a annoncé le gouvernement la semaine dernière.

Les actions de relance économique se mettent en place

Quelques magasins ont rouvert à Saint-Martin, mais seulement quelques heures par jour et avec un stock de produits limité.

Dès lundi, la Fondation de France va soutenir des actions de soutien aux entreprises locales pour les aider à redémarrer. « Des aides d’urgence seront octroyées aux patrons de PME qui en ont besoin, ainsi que des prêts à taux zéro. Cela va notamment aider les commerçants et les artisans à acquérir le matériel de base pour relancer leurs activités », explique Axelle Davezac.

Les associations ont encore besoin de dons

« On sait que l’on est là pour longtemps », déclare Christian Causse. Mais avec une moindre médiatisation de la situation des sinistrés, les dons se raréfient. D’où les appels relancés par la  Croix-Rouge française, la Fondation de France, le Secours populaire