Admissions post-bac: A quoi pourrait bien ressembler la plateforme qui remplacera APB?

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal veut repenser et renommer cet outil numérique d'inscription dans le supérieur...

Delphine Bancaud

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Une jeune fille sur le web.

Une jeune fille sur le web. — Janeb13/Pixabay

  • La nouvelle plateforme qui remplacera APB sera adossée à un comité d’éthique.
  • Elle devrait permettre une meilleure information des bacheliers et être plus facile à utiliser qu’APB.
  • Elle prendra en compte les prérequis demandés à l’entrée de chaque formation.

Ça y est, la plateforme admission post-bac (APB) est enterrée. La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal l’a confirmé ce jeudi lors de sa conférence de presse sur la rentrée étudiante. Une mesure qui s’imposait d’autant plus que ce même jour la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a demandé au ministère de l’Enseignement supérieur de « cesser de prendre des décisions concernant des personnes sur le seul fondement d’un algorithme et de faire preuve de plus de transparence » dans l’utilisation de la plateforme. Une critique qui succède à celle de nombreux bacheliers qui ont dénoncé  les couacs du système cette année. Par ailleurs, 3.700 bacheliers sont toujours aujourd’hui sans affectation.

Propositions attendues le 19 octobre

Aucune décision n’est encore prise concernant le successeur d’APB, des groupes de travail planchant actuellement sur des nouvelles modalités d’entrée dans l’enseignement supérieur. Les propositions sont attendues le 19 octobre et « nous présenterons notre projet début novembre », a déclaré ce jeudi Frédérique Vidal.

Mais quelques éléments se dessinent déjà sur la plateforme qui remplacera APB dès 2018. Elle aura tout d’abord un nouveau nom et « elle sera adossée à un comité d’éthique qui inclura des scientifiques de haut niveau et qui vérifiera que ce cadre est strictement respecté. Il devra également veiller à ce que les règles de fonctionnement de la plateforme soient parfaitement transparentes », a annoncé la ministre. Et « elle sera pilotée par un service à compétence nationale », a annoncé la ministre.

Vers un nombre de vœux plus restreint

Autre certitude : ce logiciel mettra fin au tirage au sort. Reste à savoir comment fonctionnera ce nouveau système. Plusieurs hypothèses peuvent déjà être formulées. Tout d’abord, les bacheliers y inscriront vraisemblablement des vœux d’orientation comme sur APB. « Mais l’on peut imaginer que ce nombre de vœux sera plus limité qu’aujourd’hui, où chaque bachelier pouvait en émettre 24. Car avec ce système les bacheliers émettaient des choix très redondants ou remplissaient certains vœux au hasard », explique Jimmy Losfeld, président de la Fage, qui participe à la concertation sur le sujet.

La nouvelle plateforme devrait être aussi plus facile à manier pour l’étudiant. « Il est fort possible que les pastilles vertes (censées désigner les formations dont l’accès était garanti, ce qui n’a pas été le cas) disparaissent », indique Stéphane Leymarie, secrétaire général de Sup’Recherche-UNSA, qui participe aussi à la concertation.

Le médiateur de l’Education nationale avait aussi critiqué en juin dernier la possibilité « non, mais » qui était offerte aux étudiants pour répondre à une proposition d’orientation qui leur était faite. Un système qu’il jugeait piégeant pour les familles et qui pourrait disparaître logiquement dans la nouvelle plateforme numérique.

Selon Jimmy Losfeld, « cette dernière ne devrait pas être conçue comme un algorithme froid et arbitraire, mais permettre une interaction humaine plus forte. On peut imaginer que le bachelier puisse solliciter une sorte de tuteur virtuel s’il a des questions à poser lors de sa démarche et qu’il y aura un arbitrage humain concernant les inscriptions », indique-t-il.

Et quid des prérequis ?

Le nouvel outil numérique sera bien évidemment paramétré en prenant en compte les prérequis qui seront demandés aux étudiants à l’entrée de chaque formation. « Nous ferons connaître les attendus à acquérir pour une insertion réussie dans une formation, les taux de succès en fonction des bacs, et les taux de poursuite d’étude et d’insertion professionnelle de chaque filière », a ainsi précisé la ministre.

Et c’est sur ce point que le plus d’interrogations demeurent. « Ces prérequis seront définis pour les quatre filières en tension (droit, Paces, Psychologie et Staps) ou pour toutes les autres ? Seront-ils liés au fait que l’on ait étudié telle ou telle matière au lycée, que l’on ait obtenu tel ou tel bac ? Ou telle ou telle note », s’interroge Jimmy Losfeld, qui s’oppose à un système coercitif. Le sujet est tellement épineux qu’il est loin d’être tranché.

La mise en place d’années propédeutiques, permettant aux bacheliers ne possédant pas les prérequis exigés d’acquérir les compétences indispensables pour la filière, semble être aussi étudiée de très près. Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer en a d’ailleurs parlé ce jeudi sur France Inter : « Je trouve que c’est une bonne idée », a-t-il déclaré.

Reste à savoir quand cette nouvelle plateforme sera mise en service. La plateforme APB ouvrait tous les ans le 20 janvier et les futurs bacheliers disposaient de trois mois pour enregistrer leurs vœux. Les réponses leur étaient communiquées à partir de juin. Mais comme il faudra modifier la loi pour changer les modalités d’entrée dans l’enseignement supérieur, le gouvernement va devoir mettre les bouchées doubles…