Elle rêvait de partir apprendre l’anglais, gagner de quoi financer ses études et, pourquoi pas, de se faire à terme une place dans le domaine artistique. Mais Sophie Lionet, jeune femme de 21 ans, aura vécu un calvaire durant son expérience de fille au pair outre-Manche. Le couple chez qui elle avait été placée a été inculpé vendredi pour le meurtre de la jeune femme, dont le corps calciné a été découvert mercredi dans le jardin d’une maison à Wimbledon, dans le sud de Londres. Un fait divers tragique qui pose la question de la sécurité des jeunes garçons et filles au pair qui quittent le domicile familial et leur pays d’origine pour vivre quelques mois durant à l’étranger dans une famille. Chaque année, des milliers de jeunes, majoritairement des filles, franchissent le cap et partent au Royaume-Uni, aux Etats-Unis ou encore en Australie pour apprendre l’anglais en immersion totale dans une famille, où ils seront nourris et logés, et chargés de s’occuper des enfants. Comment bien préparer son départ et prendre les meilleures précautions pour une expérience épanouissante et sécurisée ? 20 Minutes vous livre quelques conseils.

Passer par une agence

Sur internet, des dizaines de sites mettent en relation familles à la recherche d’un au pair et garçons et filles en quête d’une expérience à l’étranger. Si de nombreuses mises en relations donnent lieu à des échanges qui se passent très bien entre familles et jeunes au pair, l’expérience peut parfois mal se passer, et certains abus peuvent survenir. Absence de rémunération, horaires de travail trop lourds ou tâches ménagères trop chargées peuvent s’inviter au programme et placer le jeune au pair dans une situation de désarroi. La première précaution à prendre consiste à passer par une agence de placement de jeunes au pair. « C’est un garde-fou, assure Delphine Vaills, directrice d’Europair Services, une agence de placement de jeunes au pair membre de l’Union française des agences au pair (UFAAP). Nous avons établi des critères de sélection, tant vis-à-vis des jeunes que des familles qui les accueillent. Les familles s’engagent à respecter certains critères, idem pour le jeune, qui bénéficie d’un contrat en bonne et due forme stipulant son temps de travail et sa rémunération ». En Angleterre, où Sophie Lionet était partie, la famille qui l’avait accueillie aurait fixé sa rémunération à 56 euros par mois. Une somme dérisoire qui de surcroît ne lui aurait jamais été versée. « En Angleterre, les jeunes au pair ne doivent pas travailler plus de 30 heures par semaine, indique Delphine Vaills. Ils sont rémunérés sous forme d’argent de poche, entre 80 et 100 euros par semaine ».

Et si la loi ne l’exige pas, plusieurs agences de placement au pair exigent à la fois du jeune prétendant au pair et des parents susceptibles de l’accueillir un extrait de casier judiciaire. « On parle de jeunes qui partent dans un pays qu’ils ne connaissent pas, et de familles qui vont leur confier leurs enfants, souligne Delphine Vaills. S’assurer qu’ils ont un casier vierge est une sécurité qui ne semble pas superflue ».

S’assurer de la bonne entente entre le jeune au pair et la famille qui l’accueille

Dans ce cadre, pas de placement au hasard. « On vérifie les références, et on fait de l’humain : on va donc s’assurer que les tempéraments collent, que les hobbies du jeune au pair correspondent avec des enfants dont il ou elle devra s’occuper, explique-t-elle. Les familles et les jeunes que nous mettons en lien se contactent par Skype, ils se choisissent, nous n’imposons rien ».

Permettre au jeune au pair de signaler tout problème

Une fois sur place, à l’étranger, le jeune au pair n’est pas seul, il bénéficie d’un accompagnement de la part de la structure par laquelle il est passé. « Ici en France, nous nous occupons du jeune jusqu’à son départ pour l’étranger, et nos agences partenaires à l’étranger prennent le relais quand le jeune au pair arrive pour rejoindre la famille. On prend des nouvelles, on organise des réunions, des brunchs, des visites, pour que les jeunes au pair fassent connaissance entre eux et se lient d’amitié, mais aussi pour établir un lien, afin qu’ils se sentent en confiance pour nous contacter s’ils ont le moindre problème », expose Delphine Vaills.

Ainsi, « si une jeune fille ne se sent pas bien dans la famille dans laquelle elle est placée, elle peut contacter un numéro d’urgence et quelqu’un de l’agence va immédiatement s’en occuper », indique la directrice d’Europair Services. Le plus souvent, il s’agit « d’incompatibilité de caractère entre le jeune et un parent, ou d’enfants difficiles dont le jeune au pair a du mal à s’occuper, raconte Delphine Vaills. Nous sommes aussi là pour faire de la médiation si nécessaire ». Et en cas de problème insoluble ou d’abus, « nous sommes aussi là pour retirer la jeune au pair de la famille où elle se trouve ».

Chaque année, l’agence Europair Services envoie environ « 200 filles au pair au Royaume-Uni, précise Delphine Vaills, sa directrice. Lorsqu’il est cadré, le système au pair est un moyen sécurisé pour des jeunes filles de partir à l’étranger, vivre en immersion dans la famille et le pays et devenir bilingue. En Angleterre, il y a peu de régulations, d’où la nécessité de renforcer la législation en la matière ». En France, les jeunes au pair bénéficient du statut de travailleurs étrangers, les familles accueillantes paient l’Urssaf, il y a des règles. Tout comme aux Etats-Unis ou encore aux Pays-Bas, où la législation définit strictement les règles du système au pair.

Et vous? Vous avez été jeune au pair? Dans quel pays et combien de temps? Comment cela s'est-il passé? Pouvez-vous nous raconter votre expérience en nous écrivant contribution@20minutes.fr