Dernier jour pour APB: Quels recours pour les derniers naufragés?

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Plusieurs filons restent à exploiter pour ne pas perdre une année…

Delphine Bancaud

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Nantes, le 3 mars 2016, le pôle étudiant sur le campus du Tertre.

Nantes, le 3 mars 2016, le pôle étudiant sur le campus du Tertre. — Frédéric Brenon

  • Les bacheliers sans affectations peuvent encore frapper aux portes des établissements pour décrocher les places encore vacantes.
  • Les réorientations, quoique difficiles, sont aussi envisageables.
  • Un séjour à l’étranger ou un service civique sont des solutions pour patienter intelligemment jusqu’à l’an prochain.

APB, c’est bientôt fini. La procédure complémentaire d’inscription dans l’enseignement supérieur via laquelle certaines universités proposent des places vacantes s’achève ce lundi soir à minuit. Elle aura sans doute permis à certains étudiants parmi les 3.000 qui restaient sans affectation à la mi-septembre, de trouver une solution. Selon le ministère de l’Enseignement supérieur contacté par 20 Minutes, on saura mardi combien d’étudiants sont malgré tout restés sur le carreau.

« Encore 100.000 places dans toutes les filières existantes »

Pour ces derniers malchanceux, il existe encore quelques filons à exploiter pour tenter de trouver une place dans un établissement du supérieur. « Il reste encore 100.000 places dans toutes les filières existantes en France », explique-t-on au ministère de l’Enseignement supérieur. « Les étudiants peuvent prendre contact avec le rectorat dont ils dépendent pour avoir de plus amples informations sur le sujet », poursuit l’entourage de la ministre Frédérique Vidal.

Autre démarche : « Faire le forcing dans les universités car la majorité d’entre elles ayant déjà fait leur rentrée, elles doivent avoir une meilleure visibilité sur les places libérées par les étudiants qui se sont désistés au dernier moment », conseille Sophie Laborde-Balen, fondatrice de Tonavenir.net et conseillère en orientation. « Pour cela il faut envoyer un mail au responsable de la filière que l’on vise et tenter aussi de le joindre par téléphone », explique-t-elle. « Il ne faut pas hésiter non plus à élargir sa zone de recherche. Accepter une place en Normandie lorsque l’on habite Paris, c’est mieux que de perdre une année », insiste-t-elle.

Tenter une réorientation, c’est possible

Bon à savoir aussi : il est toujours possible de solliciter l’aide des organisations étudiantes, comme le confirme Lilâ Le Bas, présidente de l’Unef : « Même si c’est de plus en plus compliqué, nous continuerons jusqu’à la fin octobre à pousser les dossiers de certains étudiants dans les facs », assure-t-elle. Le site de l’Unef sosinscription.fr ainsi qu’un numéro vert non surtaxé, le 0 806 079 069 fonctionnent toujours. La Fage reste aussi au contact des naufragés d’APB, via l’adresse : apb@fage.org.

Autre issue possible : solliciter des établissements privés absents d’APB et qui disposent peut-être de places encore libres : « Mais attention, il faut vérifier qu’ils dispensent bien des formations reconnues par l’Etat », alerte Lilâ Le Bas.

Tenter une réorientation à la fin du premier semestre

Certains étudiants, craignant de se retrouver sur leur canapé fin septembre, ont d’ores et déjà accepté une proposition qui leur a été faite via APB, parfois la mort dans l’âme car elle ne correspondait pas du tout à leur souhait d’orientation. « Pour eux, il est encore possible de tenter une réorientation à la fin du premier semestre. Mais pour mettre toutes leurs chances du bon côté, ils ont intérêt à se montrer assidus aux T.D. de la formation dans laquelle ils ont été inscrits par défaut », recommande Sophie Laborde-Balen.

« Chaque université édicte ses propres règles concernant les réorientations. Le mieux est d’aller consulter le responsable de la licence dans laquelle on est inscrit pour savoir comment procéder », poursuit Lilâ Le Bas. Gare cependant aux désillusions pour ceux qui voudraient s’inscrire par ce biais en Staps, en psychologie ou en droit. « On a poussé les murs au maximum (…) On ne peut pas aller au-delà », a déclaré ce lundi Frédérique Vidal sur Radio classique à propos de la filière Staps.

Partir ou s’engager pour ne pas perdre un an

Pour ne pas perdre une année, il est aussi possible de partir à l’étranger ou d’effectuer un service civique. « Partir au pair est encore possible via certains organismes », indique Sophie Laborde-Balen. Et les opportunités de service civique ne manquent pas, l’Agence nationale du service civique devant notamment recruter en urgence 10.000 volontaires pour la mesure « devoirs faits » que va mettre en place le ministère de l’Education.

Quant aux étudiants déçus qui envisagent de tenter un recours légal contre le tirage au sort pour tenter une dernière carte, la prudence est de mise, comme le souligne Lilâ Le Bas : « Même si TGI de Bordeaux a jugé illégal jeudi le tirage au sort à l’entrée des licences en tension et ordonné l’inscription immédiate de trois étudiants en Staps, le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé un prochain pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat. Donc on ne peut pas en conclure pour le moment que le recours légal est une solution. Il faut rester prudent », insiste-t-elle.