Agroalimentaire: Les autorités musulmanes vent debout contre la nouvelle norme «halal» française

AGROALIMENTAIRE Les principaux responsables musulmans se sont dressés ce lundi contre la norme sur les aliments halal transformés publiée par l'Association française de normalisation (Afnor)...

20 Minutes avec AFP

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Des produits halal dans un supermarché.

Des produits halal dans un supermarché. — CAPMAN/SIPA

Ils estiment ne pas avoir pas été pleinement associés et crient au scandale. Les principaux responsables musulmans ont vivement critiqués ce lundi la première norme française pour les aliments halal transformés dévoilée vendredi par l’Afnor.

Une normé limitée aux aliments transformés

Cette norme, expérimentale et volontaire, a été élaborée à la demande d’industriels français de l’agroalimentaire en vue de faciliter l’exportation de certains produits, selon l’Association française de normalisation (Afnor).

La norme, qui définit une méthode de production unifiée « halal » (ce qui est licite), ne couvre pas l’abattage des animaux et ne concerne que la partie aval de la filière : de la matière brute au produit transformé, incluant conserves, plats préparés, charcuterie, confiserie, boulangerie.

Selon l’Afnor, la nouvelle norme a été préparée en lien avec le Conseil français du culte musulman (CFCM), instance représentative auprès des pouvoirs publics, et avec les organismes de certification liés aux mosquées de Paris, Lyon et Evry, qui ont le monopole de l’habilitation des sacrificateurs halal.

Le CFCM dénonce « une manœuvre d’ingérence »

Faux, souligne dans un communiqué le CFCM, qui « tient à rappeler qu’il a annoncé publiquement en avril 2015 son retrait des travaux menés par l’Afnor ».

« De ce fait, le CFCM ne peut être associé, ni de près ni de loin, à toute manœuvre d’ingérence par l’Afnor dans la définition du halal, qui est du ressort exclusif des instances religieuses musulmanes », poursuit le président de ce conseil, Ahmet Ogras. « Le CFCM se réserve le droit de saisir les autorités compétentes afin que son nom ne puisse être associé à de telles allégations mensongères », conclut le texte.

Dans un communiqué séparé, le recteur de la Grande mosquée de Paris (GMP), Dalil Boubakeur, dénonce, lui, la « prétention » de l’Afnor, « organisme laïc et civil », non religieux «, à « se parer des attributs de délivrance de licéité cultuelle ».

Une « charte halal » définie par le CFCM dès 2016

Le CFCM, qui rassemble les principales fédérations musulmanes dont la GMP, s’est doté en 2016 d’une « charte halal » constituant un « référentiel religieux » unique pour définir le caractère licite, au regard de l’islam, des produits carnés et de leurs dérivés.

« C’est un sujet sérieux et complexe », a fait valoir auprès de l’AFP Aslam Timol, président de la commission halal du CFCM. Dans ce contexte, « la manière cavalière avec laquelle se comporte l’Afnor est assez surprenante », a-t-il déploré.