Loup Bureau: «Monsieur Le Drian, ramenez mon fils de Turquie», plaide le père du journaliste

DETENTION Le président Emmanuel Macron s’est entretenu à deux reprises en août avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour demander sa libération...

20 Minutes avec AFP

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Une banderole de soutien au journal Loup Bureau accrochée sur la façade du conseil départemental de Loire-Atlantique.

Une banderole de soutien au journal Loup Bureau accrochée sur la façade du conseil départemental de Loire-Atlantique. — F.Brenon/20Minutes

  • Loup Bureau, journaliste de 27 ans, est détenu en Turquie depuis le 26 juillet.
  • En cause, ses liens supposés avec des militants et soldats kurdes du PKK, considéré comme organisation terroriste par la Turquie et une partie de la communauté internationale.
  • Son père et ses soutiens s’activent pour obtenir sa libération.

« Monsieur Le Drian, ramenez mon fils de Turquie ». Avant le déplacement officiel du ministre des Affaires étrangères jeudi à Ankara, le père du journaliste français Loup Bureau le conjure de mettre fin à cinquante jours d’une détention « inacceptable ».

« Nous attendons avec espérance que Jean-Yves Le Drian revienne de Turquie avec un souvenir, mon fils Loup », témoigne son père Loïc Bureau à son domicile d’Orvault, dans la banlieue de Nantes, réitérant le slogan d’une campagne « amicale » lancée dimanche soir sur Twitter par le comité de soutien au journaliste de 27 ans, détenu en Turquie depuis le 26 juillet.

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« Dès le début de l’affaire, les autorités diplomatiques m’avaient dit que plusieurs mois ce serait inacceptable. Ça l’était déjà pour moi dès le début, mais là on arrive à deux mois et si je prends la définition qu’on m’a donnée, on rentre dans l’inacceptable », expose calmement Loïc Bureau. « S’il n’y a aucune évolution avec la visite de M. Le Drian, il va falloir changer de braquet. (…) Il n’est pas question d’attendre cinq mois, ils doivent libérer mon fils », souligne-t-il.

Des milliers de cartes postales

« J’essaye de lui apporter tous les éléments pour lui apporter confiance : les interviews, les reportages qui paraissent dans la presse, les personnes qui prennent position en sa faveur, tout ce qui peut lui apporter un peu de baume au cœur. Je lui ai annoncé le déplacement de Jean-Yves Le Drian, évidemment on a un espoir autour de ça », poursuit le père de Loup Bureau.

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« Je ne peux pas lui dire autre chose que tout ce qui est fait » : les rassemblements de soutien organisés ces dernières semaines à Paris et à Nantes, et une opération massive d’écriture de cartes postales en turc samedi à Bruxelles et Nantes, avec des messages exprimant « courage » et « liberté », qui seront envoyés à la prison turque où est détenu Loup Bureau. « Notre objectif est d’en envoyer plusieurs milliers, de partout. Ces cartes finiront peut-être par lui parvenir et s’il en reçoit 50 par jour, ça va lui faire une vraie distraction pour la journée », espère Loïc Bureau.

Le refus de la demande de libération conditionnelle confirmé

Loup Bureau a été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l’Irak et la Turquie, après que des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (un mouvement considéré comme une organisation « terroriste » par Ankara) ont été trouvées en sa possession. Le président Emmanuel Macron s’est entretenu à deux reprises en août avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour demander sa libération.

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La justice turque a confirmé la semaine dernière le refus de la demande de libération conditionnelle du journaliste, détenu pour soupçon d’appartenance à « une organisation terroriste armée ». « C’est une situation ubuesque, difficile pour lui à accepter. Loup n’est pas quelqu’un qui se plaint, c’est la première fois en 27 ans que je le vois ressentir un sentiment d’injustice », affirme Loïc Bureau.