Enquête préliminaire ouverte sur des soupçons de viols sur deux enfants français en Thaïlande

INFO «20 MINUTES» Le parquet de Paris a ouvert, jeudi, une enquête préliminaire après une plainte déposée par le père des enfants de 5 et 8 ans…

Vincent Vantighem

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Installés à Pattaya (THaïlande), deux enfants français de 5 et 8 ans affirment avoir été abusés.

Installés à Pattaya (THaïlande), deux enfants français de 5 et 8 ans affirment avoir été abusés. — Roberto SCHMIDT / AFP

  • Installés en Thaïlande, deux enfants Français prétendent avoir été violés.
  • Ils accusent leur beau-père, un Britannique, d’avoir abusé d’eux à Pattaya.
  • Le parquet de Paris a, lui, décidé d'ouvrir une enquête préliminaire.

« Mon Pikachu. » « Ma petite pomme. » « Son Popol. » Face aux policiers thaïlandais, ils ont utilisé leurs mots d’enfants. Mais ce sont bien des faits de viols et d’agressions sexuelles que Tony*, 5 ans, et sa sœur Lisa*, 8 ans, prétendent avoir subis. Selon nos informations, le parquet de Paris a ouvert, jeudi 7 septembre, une enquête préliminaire pour viols sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité. Confiée à l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), elle fait suite à une plainte déposée, le 21 juin, par Cédric.S, le père des deux enfants.

Installé en Thaïlande depuis six ans, cet entrepreneur de 39 ans s’est séparé, en 2012, de sa compagne chinoise avec laquelle il a eu Tony et Lisa. Sous le régime de la garde alternée, les enfants naviguaient sereinement entre le logement de leur père et celui de leur mère jusqu’à ce que celle-ci rencontre, en 2016, un Britannique, gérant d’un bar dans la station balnéaire de Pattaya.

Des examens médicaux révèlent des lésions aux parties génitales

Peu de temps après, Lisa raconte à son père que le nouveau compagnon de leur mère les force, son frère et elle, à boire de la bière jusqu’à en vomir. Qu’il les humilie, les insulte et les gifle régulièrement. Qu’il organise même des combats de boxe thaï entre eux et ses propres enfants. Cédric.S est encore plus interloqué quand Tony lui demande, lors d’une soirée banale en janvier 2017, s’il souhaite qu’il lui masse le « Popol ».

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« Je l’ai immédiatement interrogé, se remémore le père aujourd’hui. Il n’a lâché que quelques bribes mais j’ai compris que cet homme avait montré des films pornos à mes enfants et qu’il leur avait imposé des caresses… » L’examen gynécologique réalisé sur Lisa -auquel 20 Minutes a eu accès- révèle alors des lésions aux parties génitales. Quant au psychologue qui a ausculté Tony, il indique, dans un rapport, que l’enfant « a fait la rencontre avec la sexualité adulte et qu’il a connu des mauvais traitements ».

Cédric.S a obtenu la garde des enfants pour six mois

Impossible alors pour le père de rapatrier ses enfants dans l’Hexagone, la mère ayant conservé le passeport de Lisa. Cédric.S dépose alors plusieurs plaintes en Thaïlande. Les auditions s’enchaînent. A chacune d’entre elles, les enfants en dévoilent un peu plus. Jusqu’à celle du 20 juillet que 20 Minutes a pu consulter et dans laquelle Lisa explique que sa mère était présente dans la pièce lors des abus sexuels qu’elle dénonce. « Elle ne faisait que regarder et rigoler… »

Son compagnon s’en défend. Interrogé par les enquêteurs, ce dernier assure que Cédric.S a monté la tête des enfants dans le seul but de les soustraire à leur mère. Mais sur ce point, la justice a commencé à pencher en sa défaveur. Le 1er septembre, Cédric.S a obtenu, à Bangkok, la garde des deux petits pour les six prochains mois.

Une réunion s’est tenue au Quai d’Orsay à ce sujet

Sur le plan pénal, le père préfère désormais s’en remettre à l’enquête préliminaire ouverte à Paris. « Nous attendons une rapide coopération entre le parquet et les autorités thaïlandaises afin de permettre l’audition des enfants sur le territoire français dans les plus brefs délais », explique ainsi Marie Grimaud, son avocate. Car Cédric.S n’aspire plus qu’à une chose : fuir la Thaïlande pour que ses enfants « commencent à se reconstruire ».

Contacté par 20 minutes, le ministère des Affaires étrangères indique, à ce propos, qu’il « suit la situation avec attention, à Paris comme à Bangkok » et qu’il « forme le vœu d’une résolution rapide conforme aux obligations communes aux deux pays et à l’intérêt supérieur des enfants ».

* Les prénoms des enfants ont été changés.