L’Unapei (associations de personnes handicapées mentales et leurs familles) a exprimé ce jeudi sa préoccupation devant la volonté du gouvernement de diminuer les emplois aidés, rappelant qu’ils sont « indispensables » pour l’accompagnement à l’école des élèves handicapés.

Des contrats « indispensables » pour accompagner les élèves handicapés

« En 2016, le ministère de l’Education nationale recensait 45.000 contrats aidés d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) ainsi que 25.000 emplois à temps plein d’AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap), pour accompagner 122.000 élèves handicapés scolarisés en milieu ordinaire », a rappelé l’Unapei, dans un communiqué.

Ces chiffres « témoignent de la prédominance » du recours aux emplois aidés, qui demeurent « indispensables » pour accompagner les élèves handicapés, a estimé l’Unapei. « Leur suppression ou diminution n’auraient de sens que s’ils étaient compensés à hauteur des besoins par la création de postes supplémentaires d’AESH ».

« Tous les besoins seront couverts à la rentrée »

« L’accueil des élèves en situation de handicap est notre grande priorité », a assuré jeudi sur Twitter le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. « Nous y consacrons 8.000 emplois de plus en cette rentrée ».

Selon son ministère, il s’agit précisément de « 8.068 équivalents temps plein supplémentaires » déployés à la rentrée 2017 par rapport à 2016, pour l’accompagnement des élèves handicapés. « Tous les besoins seront couverts à la rentrée », assure aussi le ministère. Le gouvernement actuel poursuit le plan engagé sous le quinquennat de François Hollande, qui consiste à convertir des emplois d’AVS recrutés en contrats aidés, en accompagnants (AESH) sous contrat de droit public.

« Nombre d’entre eux se trouvent encore sans solution d’accueil et d’accompagnement éducatif »

Si les incertitudes liées à la diminution des emplois aidés persistent, « elles risquent de mettre en péril la scolarisation de nombreux enfants », craint l’Unapei. La fédération a rappelé que « l’ensemble des moyens d’accueil et d’accompagnement des enfants en situation de handicap est déjà insuffisant » et que « nombre d’entre eux se trouvent encore sans solution d’accueil et d’accompagnement éducatif ».

L’enveloppe pour les contrats aidés sera de 310.000 signatures ou renouvellements en 2017, selon une instruction adressée par le ministère du Travail aux préfets, dont l’AFP a obtenu copie jeudi. Leur nombre était de 459.000 en 2016 (tous secteurs confondus). Le Premier ministre, Edouard Philippe, a laissé entendre jeudi que l’enveloppe passerait sous les 200.000 en 2018.