Prisons: Nicole Belloubet n'est pas contre les téléphones portables pour les détenus

LIBERTE La ministre de la Justice n’y est pas opposée, à condition de mettre à disposition des détenus des portables « contrôlés »…

A.B.

— 

La ministre de la Justice Nicole Belloubet n'est pas opposée à l'idée d'introduire des téléphones portables contrôlés dans les prisons pour les détenus.

La ministre de la Justice Nicole Belloubet n'est pas opposée à l'idée d'introduire des téléphones portables contrôlés dans les prisons pour les détenus. — Jacques Witt/SIPA

Les portables bientôt autorisés en prison ? Dans un entretien accordé à La Provence, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a estimé que permettre aux détenus à avoir des téléphones portables est une idée qui « n’a rien d’absurde ».

Rupture avec ses prédécesseurs

Interrogée sur la question au cours d’une visite au centre pénitentiaire de La Farlède, près de Toulon (Var), la Garde des Sceaux a considéré qu’il « faut donner aux détenus des moyens de communication, détaille Nicole Belloubet. Par des portables contrôlés ou des lignes fixes », rappelant qu’une « expérience est menée sur ce point dans la Meuse ». A la prison de Montmédy, des téléphones filaires ont ainsi été installés dans chaque cellule.

Adeline Hazan, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, suggère elle aussi de permettre aux détenus de communiquer grâce à des téléphones bridés, achetés directement au sein de la prison avec la mise en place de numéros « déclarés et vérifiés ». « Il ne sert à rien de les empêcher d’avoir un téléphone », expliquait-elle le 17 août sur France Inter. Aujourd’hui, les détenus ne peuvent téléphoner que depuis des « point-phone sans aucune confidentialité » et seulement à des horaires fixes, dénonce-t-elle. Selon Adeline Hazan, l’autorisation de téléphones permettrait ainsi aux détenus de rester en contact avec leur famille ou de faciliter leur recherche de travail.

Trafic et vidéo

Depuis plusieurs années, le nombre de téléphones portables dans les centres pénitentiaires a explosé. En 2014, pas moins de 27.520 téléphones portables ont été saisis, et plus de 33.500 ont été utilisés l’an dernier, bien que leur utilisation reste illégale. Selon les syndicats de l’administration pénitentiaire, ces téléphones sont utilisés pour contacter les proches, pour se filmer mais aussi pour filmer les surveillants ou gérer des trafics à l’extérieur. Des téléphones qui arrivent au sein des prisons parfois au moyen de colis jetés par-dessus les murs d’enceinte des établissements ou via des drones.

En 2015, la publication de selfies sur une page Facebook intitulée « MDR o Baumettes » créait la polémique. Elle était alimentée par des détenus de la prison marseillaise des Baumettes, qui y postaient des selfies illustrant notamment les trafics et la circulation de drogue au sein de l’établissement pénitentiaire.